La polémique enfle après l'incendie de l'école Didier Daurat à Toulouse

Dans un communiqué Jean-Luc Moudenc fustige ceux qui voit dans cet incendie volontaire une responsabilité de la ville qui a supprimé le poste de gardien. Le syndicat Sud Education lui répond et dénonce "l'instrumentalisation" des propos d'un élève de l'école. 

Ceux qui ont volontairement mis le feu dans la nuit de lundi à mardi aux poubelles de l'école Didier Daurat, ce qui a provoqué la fermeture de l'école pour une durée indéterminée, sont des délinquants. Sur ce point, et uniquement sur celui-ci, la mairie de Toulouse, le corps enseignants, l'opposition municipale, les syndicats sont (quasiment) d'accord. Mais pour le reste, la polémique ne cesse d'enfler sur la responsabilité de la mairie dans cet événement et sur les causes sociales de cette délinquance gratuite.

La polémique démarre dès mardi

Mardi on découvre que l'école Didier Daurat, située à La Reynerie, est inutilisable en raison de l'incendie qui a endommagé sa façade. Plus de 200 élèves d'élémentaire et de maternelle ne peuvent pas être pris en charge. Tout le monde condamne cet incendie volontaire mais dès mardi la polémique éclate entre la ville, des parents d'élèves et l'opposition municipale, représentée par l'élue Claude Touchefeu, elle-même enseignante dans cette école : au centre des débats, la suppression pour des raisons budgétaires en septembre dernier du CDD du gardien de la crèche et du groupe scolaire. Sans gardien, les poubelles ne peuvent plus être sorties le matin, juste avant le passage du camion-benne et restent donc toute la nuit près de l'école. 

Un médiateur à la place du gardien "le plus vite possible"

Sur place, Marion Lalanne de Laubadère réfute la responsabilité de la ville dans cet incendie. Adjointe au maire chargée des affaire scolaires, elle renvoie la décision de supprimer le poste de gardien... sur sa collègue chargée de la petite enfance, car le gardien était rattaché à la crèche ! Elle précise cependant qu'un médiateur de quartier sera embauché à sa place mais elle ne sait pas quand "le plus vite possible j'espère", précisant : "ce n'est pas moi mais la direction de la politique de solidarité qui est en charge de ce dossier". Un étrange ping-pong entre les services de la mairie qui peut surprendre.

Pour Jean-Luc Moudenc, "la vérité sort de la bouche des enfants"

Mercredi 11 novembre, le maire de Toulouse envoie un communiqué à la presse dans lequel il dénonce "un geste inadmissible et criminel" et annonce vouloir saisir le procureur de la République de Toulouse. 
Il fustige également ceux "qui cherchent des coupables politiques, sans doute pour faire oublier les vrais délinquants (...) qui s'enferment dans un combat militant qui est totalement déplacé et hors sujet en fermant les yeux sur la racine du mal : le haut niveau de délinquance qui règne depuis plusieurs années dans notre ville, contre lequel nous luttons sans relâche avec des moyens sans précédent". Pour lui "combattre les petits gangsters (...) passe non seulement par notre action volontaristeet celle de l'Etat, mais aussi par la responsabilisation de leurs familles".

Qui peut encore douter que la vérité sort de la bouche des enfants et chercher des responsabilités ailleurs ?"
                                                           
     Jean-Luc Moudenc


Plus surprenant, le communiqué du maire se termine par une citation du jeune Ahmed, élève de CM2 à l'école Didier Daurat et qui, interviewé par tous les médias présents sur place mardi, en compagnie de sa maman, indiquait : "C'est la faute des parents qui laissent leur fils traîner dehors". Ahmed qui témoignait notamment dans le reportage de France 3 Midi-Pyrénées ainsi qu'une autre élève de l'école :
Une école toulousaine fermée après un feu de poubelle
Et Jean-Luc Moudenc de conclure : "Qui peut encore douter que la vérité sort de la bouche des enfants et chercher des responsabilités ailleurs ?" Une surprenante conclusion, en forme d'adage, à un communiqué très politique pour tenter de mettre fin à la polémique.

Moudenc accusé d'instrumentaliser les propos d'un enfant

Mais plutôt que de mettre fin à la polémique, le communiqué de la mairie a plutôt jeté de l'huile sur le feu (sans mauvais jeu de mots). Jeudi 12 novembre, c'est au tour du syndicat Sud Education 31 de réagir en dénonçant une "communication démagogique qui n'a qu'un but : occuper l'espace de l'extrême droite afin de tenter d'en séduire l'électorat en agitant le sempiternel spectre de l'insécurité galopante dans la ville de Toulouse" ​et dénonce "l'instrumentalisation des propos d'un enfant". 
"Que par bêtise, désœuvrement ou malveillance on brûle des poubelles et des écoles, écrit le syndicat, il y là un échec éducatif et social qui nous atterre d'autant plus que nous travaillons au quotidien dans les réalités sociales et humaines de ces quartiers. Que ces réalités soient, à l'occasion de cet incident, réduites aux poncifs insultants et discriminatoires d'une vulgate de comptoir nous inquiète tout autant, sinon plus car, en l’occurrence, ils proviennent du plus haut responsable politique de la ville". 
Sud Education 31 dénonce la politique de la ville (baisse du budget de l'école, suppression de la gratuité des cantines pour les plus démunis, hausse des tarifs de cantine et de CLAE) et désigne surtout "la lourde responsabilité" de la mairie dans ce faits-divers, qui "en supprimant le poste de gardien (...) a créé les conditions favorisant le lamentable événement de l'autre nuit"
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