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Le dossier des réfugiés déclenche une bataille politique à Toulouse Métropole

Jean-Luc Moudenc en 2014 lors de son élection à la présidence de Toulouse Métropole / © MaxPPP
Jean-Luc Moudenc en 2014 lors de son élection à la présidence de Toulouse Métropole / © MaxPPP

Loin du consensus que peuvent générer certains dossiers dans la métropole toulousaine, le dossier des réfugiés a déclenché mardi une crise politique entre la droite et la gauche. Cette dernière a quitté la salle dénonçant un "déni de démocratie". Jean-Luc Moudenc parle de "calcul politique cynique".

Par Fabrice Valery

Bataille de procédure et claquement de porte ce mardi matin au sein du conseil de Toulouse Métropole, au sujet du dossier des réfugiés. Devant le refus du président LR de la métropole Jean-Luc Moudenc de soumettre au vote un voeu présenté par le groupe socialiste, les élus PS, PCF et certains PRG ont quitté la salle.

Un voeu pour l'accueil des réfugiés

Tout a débuté lorsque la minorité de gauche a voulu présenter un voeu en faveur de l'accueil des réfugiés à Toulouse et dans les communes voisines. Un sujet sur lequel le maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc (qui est aussi président de l'association des grandes villes de France) refuse de s'engager tant qu'il n'a pas obtenu de garanties de la part de l'Etat.

Une version amendée

Jean-Luc Moudenc a proposé à l'assemblée d'amender le texte. Une version "qui dit presque l'inverse de ce que l'on voulait" explique l'ancien maire PS Pierre Cohen. Jean-Luc Moudenc a refusé de mettre aux voix la version de cette résolution présentée par le PS. Les élus de gauche, minoritaires, savaient que ce voeu ne pourrait être adopté mais ils souhaitaient qu'il soit inscrit dans les débats. 

"On étouffe la voix de la minorité"​

Face au refus de Jean-Luc Moudenc et aux questions de procédures invoquées, les élus PS ont quitté la salle, suivis des élus communistes et de quelques PRG. Signe de l'importance de cet incident, Pierre Cohen, l'ancien maire PS de Toulouse, ancien président de Toulouse Métropole et conseiller communautaire d'opposition, plutôt avare de messages sur les réseaux sociaux, a posté dans la foulée trois tweets dont celui-ci, dénonçant l'attitude de son successeur :




"Jean-Luc Moudenc montre là son vrai visage, poursuit Pierre Cohen, il veut empêcher la minorité de s'exprimer. Comme au conseil municipal, il le fait désormais dans une instance, Toulouse Métropole, qui travaille d'habitude de manière plus sereine".
De leur côté, les élus écologistes (qui n'ont pas quitté la salle) ont évoqué une "instrumentalisation" du dossier des réfugiés, regrettant "le détournement pur et simple de ce vœu par la majorité à grands coups d'amendements, de manière à le vider de sa portée sans même le soumettre au vote de l'assemblée dans sa version initiale".

La droite dénonce l'attitude du PS

A droite, les conseillers communautaires de la majorité ont fait front derrière Jean-Luc Moudenc, dénonçant "une mise en scène" du PS sur ce dossier, à l'image de l'adjoint au maire UDI chargé du commerce à Toulouse, Jean-Jacques Bolzan


 

Pour Jean-Luc Moudenc, "un calcul politique cynique"

Interrog​é par France 3 Midi-Pyrénées, le président de Toulouse Métropole dénonce l'attitude du groupe socialiste et "le spectacle donné sans concertation". Ce voeu était pour Jean-Luc Moudenc "une posture politique alors que le dossier est complexe et qu'il mérite que l'on joue collectif". Ce texte n'avait certes aucune chance d'être adopté en l'état mais "ce n'est pas un problème de majorité mais un problème de méthode. Ceux qui ont quitté la salle ce matin n'était pas présents ou représentés à la réunion que nous avons eu lundi avec les services de la préfecture sur ce sujet !"

Le maire de Toulouse fait de la résistance​

Si plusieurs maires, notamment socialistes, de la Haute-Garonne ont déjà publiquement fait connaître leur souhait d'accueillir des familles de migrants, la ville de Toulouse et son maire se montrent beaucoup plus prudents, Jean-Luc Moudenc ayant fixé des conditions à l'Etat et mettant en avant les grandes difficultés de logements à Toulouse, notamment les "25.000 demandes en attente" de logement social.
Une position ferme pas forcément totalement partagée dans son propre camp, la deuxième adjointe au maire de Toulouse, députée et présidente départementale des Républicains de Haute-Garonne par intérim Laurence Arribagé estimant que "nous avons évidemment vocation à accueillir ces réfugiés syriens. Ils ne viennent pas profiter de notre système social, ils cherchent une terre d'asile, et la France est une terre d'asile".
Ce mardi Jean-Luc Moudenc précise qu'il souhaite que chaque commune recense ses capacités d'accueil publiques et privées "afin d'être prêt quand l'Etat viendra vers nous avec de la matière, c'est à dire des chiffres, un nombre de familles à héberger, or pour le moment ce n'est pas le cas". 

MISE A JOUR DU 30 SEPTEMBRE :
Suite à la parution de cet article, la députée LR Laurence Arribagé tient à préciser que sa position sur l'accueil des réfugies, exprimée dans une interview à La Tribune, "ne reflète en rien (son) ressenti sur la situation toulousaine mais visait à expliquer que notre Nation se doit de tout mettre en oeuvre pour accueillir ces populations sans agiter les peurs ni créer de psychose. (...) Concernant notre ville, je suis en total accord avec Jean-Luc Moudenc. Je considère que l'Etat doit rapidement donner des gages aux communes (...). Ce dossier est éminemment complexe et je soutiens Jean-Luc Moudenc face à l'attitude démagogique du groupe socialiste à Toulouse Métropole"

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