Mission sur Mars : le micro SuperCam développé par l'Isae-Supaero de Toulouse a enregistré le son du premier vol martien

Après l'enregistrement du bruit de l'atmosphère de Mars, SuperCam, l’instrument toulousain du rover Perseverance de la NASA, a enregistré pour la première fois sur la planète rouge, les sons de l’hélicoptère Ingenuity lors d'un vol au-dessus du cratère Jezero. Un son extra-martien !

Le 1er Mai 2021, l’instrument franco-américain du rover Perseverance de la NASA, SuperCam, a enregistré pour la première fois sur Mars les sons de l’hélicoptère Ingenuity lors de son 4ème vol au-dessus du cratère Jezero.
Le 1er Mai 2021, l’instrument franco-américain du rover Perseverance de la NASA, SuperCam, a enregistré pour la première fois sur Mars les sons de l’hélicoptère Ingenuity lors de son 4ème vol au-dessus du cratère Jezero. © NASA

C'était le 1er mai dernier.

Le super micro toulousain du rover Perseverance a enregistré un son extra-martien. Celui du drone Ingenuity, lors de son 4ème vol au-dessus du cratère Jezero.

Ce "moustique" de l'espace a donc troublé pour la première fois le calme de Mars... Un petit bruit mécanique au loin !

Ingenuity génère un "mi" dans l'atmosphère de Mars

Situé à 80 mètres du rover au moment de son décollage, le petit hélicoptère s’est élevé à 5 mètres au-dessus du sol avant de parcourir une distance de 133 mètres. Il est ensuite revenu atterrir à l’endroit d’où il avait décollé. Le microphone scientifique de SuperCam, développé par l’ISAE-SUPAERO à Toulouse, a enregistré le son émis par la rotation des pales du drone martien au cours de son vol.

Ce son possède une fréquence caractéristique de 84 Hz. Elle équivaut au «mi» grave d’un piano ou à la voix de basse d’un être humain.

Les scientifiques bluffés de la performance acoustique

Ce petit bruit capté à plus de 55 millions de kilomètres de la Terre est une prouesse technique importante. Les scientifiques de Toulouse qui les analysent et les dissèquent sont d'ailleurs très fiers des performances du micro de SuperCam.

«Les tests effectués dans un simulateur d’atmosphère martienne pour concevoir cet instrument et nos théories de la propagation du son nous indiquaient que le micro capterait très difficilement les sons de l’hélicoptère. Nous devions avoir un peu de chance pour enregistrer l’hélicoptère à une telle distance. Nous sommes très satisfaits d’avoir réussi à obtenir cet enregistrement qui se révèle une mine d’or pour notre compréhension de l’atmosphère martienne».

C’est une grande surprise pour toute l’équipe scientifique ! En effet, l’atmosphère de Mars, très peu dense, atténue fortement la transmission des sons.

Naomi Murdoch, chercheuse à l’ISAE-SUPAERO qui étudie les données du micro.

Le micro toulousain perce le mystère des sons martiens

Développé conjointement par l’ISAE-SUPAERO et un consortium de laboratoires du CNRS et de ses partenaires, coordonnés par le CNES, le microphone de SuperCam est dérivé d’un modèle grand public adapté pour résister à l’environnement martien.
Il poursuit 3 objectifs scientifiques et techniques de la mission Mars 2020 :

Le micro avait été mis en route pour la première fois quelques heures après l’atterrissage de Perseverance, en mars. Il avait alors enregistré les premiers sons martiens provenant de turbulences dans l’atmosphère. Il est utilisé quotidiennement en conjonction avec l’ablation laser des roches pour l’analyse chimique de Mars.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
cité de l'espace culture sciences espace astronomie insolite