Petite commune, grande passion : un amoureux de la "petite reine" lance une cagnotte pour financer son magasin de vélo

Quentin Quaghebeur, un ariégeois de 33 ans parle, mange et vit vélo et ses projets professionnels et personnels se développent depuis toujours autour des deux-roues. Son projet actuel : l'ouverture d'un commerce consacré à son instrument, à Gardouch (Haute-Garonne), commune d'à peine 1200 habitants. Pour cela, il a été aidé par un financement participatif, qui a dépassé ses espoirs.

Dans son magasin, installé à Gardouch en Haute-Garonne, il y fera de la vente, de la location et de la réparation de matériel et ce sera à proximité du Canal du Midi. Il y aura un petit espace détente avec un canapé et une télévision et ce sera convivial, un mot important pour Quentin Quaghebeur, qui n'en est pas à son coup d'essai côté projets vélos.

Quentin a lancé une campagne de financement participatif au printemps dernier. Objectif : 5000e pour donner vie à son projet : cette boutique-vélo où l'on pourra à peu près tout faire autour et pour son cycle.

Cette boutique, il souhaite l'appeler Pignon sur Roue. " Je trouvais le jeu de mots drôle, vu l'emplacement de la boutique, qui a pignon sur rue, et puis rue, roue... Il y un creux dans le Lauragais où je vais ouvrir, où il n'y a quasiment aucun magasin de ce type alors qu'il y a une grosse communauté cycliste. Il y a le Canal du Midi, des clubs, le secteur est intéressant. J'ai aussi souhaité profiter du réseau que j'ai pu me constituer chemin faisant. Le contexte est propice au lieu que j'ai en tête ".  Le projet à de quoi surprendre dans une commune d'à peine 1200 habitants. 

Pourquoi le financement participatif ?

" A la base, on ne voulait pas trop passer par ce canal, mais des amis nous en ont parlé et nous y ont incités. C'est la première entreprise que j'allais ouvrir : il y a les frais comptables pour le business plan, l'architecte, les frais de notaires. On ne s'attendait pas à devoir avancer tous ces frais, mais des personnes m'ont dit qu'elles trouvaient notre projet intéressant et nous ont conseillé d'ouvrir cette cagnotte. On a regardé sur internet et on s'est lancés sur la plateforme de financement participatif Ulule."

" On " car sa compagne, Laury, l'accompagne dans cette réalisation et sera co-gérante de Pignon sur Roue. Et c'est ainsi que les dons ont commencé et ont atteint, dans un premier temps, la somme de 5000 euros, qui correspondait à l'objectif que Quentin s'était fixé. Un objectif dépassé, puisque la somme récoltée à l'heure H est à présent de 6030 euros.

" C'est vraiment l'axe principal de ma vie " 

D'aussi loin qu'il se souvienne, c'est vélo-vélo-vélo. Quentin démarre en travaillant dans plusieurs magasins sportifs, il oeuvre aussi en tant que mécanicien et fait, à côté, de la compétition en division nationale.

" J'ai commencé  aux alentours de 16-17ans au club de Pamiers en catégorie route en fédération classique. En junior, en catégorie jeunes puis dans toutes les divisions amateurs. Je suis accro, je parle tout le temps vélo. Je suis les courses à la télé et je répare les vélos en regardant les courses. Je me suis mis au deux-roues car j'habitais à la campagne. Plus j'en faisais, plus vite j'allais, plus ça me plaisait ".

Regarder le Tour de France avec son père n'a rien arrangé. A 22 ans, il passe une certification professionnelle de technicien cycle. A l'heure actuelle et dans l'intervalle de démarrer sa nouvelle activité, il est encore responsable d'un magasin de....vélos, à Toulouse (Haute-Garonne)

Une bonne surprise : 6030 euros à l'heure H

" On est très agréablement surpris. Ca confirme que notre projet est sérieux et que des gens y croient. Ca nous fait plaisir et en même temps, ça met un peu la pression..." 

Qui sont les contributeurs ? "Il y a des personnes qu'on ne connaît pas, qui sont des acteurs locaux, des gens intéressés par l'existence du projet et des amis à nous aussi, qui ne sont pas dans le monde du vélo, qu'on ne verra sans doute pas dans le magasin, mais qui ont dit qu'ils aimeraient nous aider, mettre leur pierre à l'édifice."

De généreux dons  

" Le don moyen est d'environ 60 à 65 euros, ce qui nous étonne. Certaines personnes mettent 10e, d'autres 150e et je trouve que ce sont des sommes conséquentes. Après, si 100 personnes mettent 1 euro, on arrive déjà à 100 euros, ça va vite..."

Parmi les contributeurs, deux profils : ceux qui font un don sans contrepartie, et ceux qui en font un avec l'une des contreparties mises en place par Quentin. Cela peut par exemple être un café pour une petite contribution ou la révision de son vélo quand la boutique sera ouverte. Il y a plusieurs forfaits, plusieurs montants, que le contributeur peut choisir. Cela peut aussi constituer en un pourcentage de remise sur l'article de son choix, le D-Day, en un lavage de vélo car il y aura aussi une zone de lavage dans le magasin, etc 

" C'est très intéressant, ça va nous permettre d'avoir de potentiels clients qui pourront passer nous voir à l'ouverture et aussi de rencontrer ceux qui ont participé ".

Un lieu convivial et vivant

L'envie de Quentin, c'est de faire de Pignon sur Roue un lieu convivial, un lieu de passionnés. " Que la personne vienne et se sente bien. " Que les gens qui appartiennent à ce monde, les cyclistes, viennent et puissent par exemple suivre le Tour de France confortablement assis dans un canapé pendant que moi je répare leurs vélos et qu'on commente l'arrivée ensemble, qu'on partage des infos sur les coureurs, bref, qu'on puisse échanger et partager notre passion de la petite reine ".

Pour Quentin, la belle histoire ne fait que commencer. Il continuera son activité salariée jusqu'à ce qu'un remplaçant lui soit trouvé. Ensuite, l'objectif est d'ouvrir son commerce en début d'année prochaine, en fonction de l'avancée des travaux et de l'aménagement, très probablement en février ou mars 2024. Et dans l'intervalle, il est toujours possible de contribuer au projet via la plateforme participative.