Première mondiale à Toulouse de l'opéra "Les Pigeons d'argile" inspiré de l'enlèvement de Patty Hearst

L'enlèvement en 1974 de Patricia Hearst, fille d'un magnat de la presse américaine, puis son ralliement à ses ravisseurs d'extrême gauche, avaient suscité livres et film. Ils inspirent aujourd'hui un opéra français dont la première mondiale aura lieu mardi à Toulouse.

L'essentiel du jour : notre sélection exclusive
Chaque jour, notre rédaction vous réserve le meilleur de l'info régionale. Une sélection rien que pour vous, pour rester en lien avec vos régions.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "L'essentiel du jour : notre sélection exclusive". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité

"Les Pigeons d'Argile" seront joués à quatre reprises au Théâtre du Capitole entre le 15 et le 22 avril.
Le compositeur Philippe Hurel s'est appuyé sur un livret original réalisé par le romancier Tanguy Viel, familier des polars américains. La fille du milliardaire s'appelle ici Patty Baer, enlevée par un couple de révolutionnaires, Toni et sa compagne Charlie, au soir d'une fête où Bernard Baer et sa fille ont multiplié les tirs aux pigeons d'argile.

Aimery Lefèvre (Toni), Gaëlle Arquez (Charlie) et Vannina Santoni (Patricia Baer) © Patrice Nin/Théâtre du Capitole

Les kidnappeurs ne veulent pas de rançon mais exigent que le milliardaire aide les plus démunis. Toni persuade Patty de rejoindre le groupe, et Charlie s'aperçoit que les deux jeunes gens sont aussi réunis par l'amour. Elle se laisse arrêter tandis que Toni et Patty prennent la fuite, couverts par Pietro, père du révolutionnaire, qui est abattu par la chef de la police. Leur cavale s'achève lors d'un braquage de banque qui tourne mal et coûte la vie à Charlie, venue s'interposer.



Comme un film

La mise en scène de Mariame Clément adopte de nombreux outils du cinéma : flashback, séquences se déroulant simultanément dans des lieux différents de la scène comme des plans de film rapprochés au montage, vidéos d'une fusillade, d'une poursuite en voiture illustrant le récit des protagonistes....
"Le dispositif de l'opéra est classique mais nous l'avons monté de manière très nerveuse, contemporaine, comme un film", explique Philippe Hurel.
Le compositeur Philippe Hurel, 58 ans, créateur confirmé, a souvent utilisé les voix, mais concède avoir eu "la frousse" quand le directeur artistique du théâtre du Capitole Frédéric Chambert lui a commandé un opéra.
Tanguy Viel, 40 ans, avoue "avoir eu peur aussi de passer du roman au dialogue sur scène, une forme complètement étrangère".
A en croire les deux complices, l'aventure, commencée il y a trois ans, s'est pourtant déroulée sans drame, pour le livret écrit en premier comme pour la musique pour laquelle Philippe Hurel n'a pas eu recours à l'électronique mais seulement aux instruments de l'orchestre, dirigé par Tito Ceccherini.

Si l'écriture instrumentale peut désarçonner certains amateurs d'opéras du XIXe siècle, Philippe Hurel souligne que "la musique d'aujourd'hui paraît moins difficile que celles de Schönberg, Berg ou Webern qui ont marqué le passage du XIXe au XXe siècle".

Le compositeur a voulu que les voix des six personnages de la distribution, entièrement francophone, "passent au dessus de l'orchestre". Lors des dernières répétitions, les barytons Vincent Le Texier (Baer) et Aimery Lefèvre (Toni), le ténor Gilles Ragon (Pietro), les mezzos Gaëlle Arquez (Charlie)
et Sylvie Brunet-Grupposo (chef de la police), la soprano Vannina Santoni (Patty) ont ainsi fait valoir la qualité et la diversité de leurs couleurs vocales.

Je n'ai jamais confondu l'amour et la révolution


Le personnage de la révolutionnaire Charlie, progressivement mise à l'écart puis narratrice d'une histoire qui lui échappe, illustre les tiraillements de la fin
du XXe siècle, selon les auteurs. "Sa phrase clé - +Je n'ai jamais confondu l'amour et la révolution+ - reflète la difficulté à faire l'expérience de sa singularité individuelle et sentimentale dans une cause politique", déclare Tanguy Viel. "J'ai essayé d'exposer ce problème mais je suis bien incapable de résoudre l'équation", ajoute l'auteur du livret, tout en soulignant: "Je n'ai pas envie que la pièce délivre un désenchantement absolu, pour moi leur cause politique est assez juste et belle, actualisable aujourd'hui".
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
Veuillez choisir une région
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité
Je veux en savoir plus sur
le sujet
Veuillez choisir une région
en region
Veuillez choisir une région
sélectionner une région ou un sujet pour confirmer
Toute l'information
en direct

REPLAY. Carnaval de Nice 2025 : les océans à l'honneur, Gad Elmaleh en invité surprise... Revivez en vidéo ce corso

regarder