"Si j'y arrive, je serais le plus heureux du monde" : les nouveaux défis de David Berty, le champion du Stade Toulousain

David Berty le petit prince du Stade Toulousain n'a pas oublié le rugby. Touché par la sclérose en plaque en fin de carrière, sa volonté de fer lui a permis d'échapper au fauteuil roulant. A 52 ans, il se lance de nouveaux challenges comme l'ascension du Kilimandjaro.

"Me retrouver sur le balcon du Capitole avec tout le monde qui scande ton nom, ça me fait un bon souvenir. C'était mon petit plaisir". Le Stade Toulousain aura marqué David Berty, et réciproquement. Cinq boucliers de Brennus, une coupe d'Europe, l'ailier rouge et noir était aussi élégant et efficace sur un terrain qu'il n'est courageux et gentil dans la vie.

Un courage à toute épreuve

Peu après le sacre européen de 1996, la mécanique se dérègle. 5 ans de galère sur les terrains, "sans comprendre pourquoi, pratiquement du jour au lendemain, ma force qui était la vitesse m'abandonne. Donc on s'interroge : est-ce que j'étais feignant ? Fallait-il que j'en fasse plus ? C'était beaucoup de questions." 

La réponse interviendra en 2002. On lui diagnostique une SEP (sclérose en plaque). Plutôt que de devenir spectateur de sa vie, il préfère en être l'acteur mais ce fût long. "On tombe dans un grand trou sans fond avec un image en tête : le fauteuil roulant. Je me voyais sur ce fauteuil et dépendant de tout le monde. 4 ans de plus de dépression, d'idées noires..."

Son salut viendra de séances de sport quotidiennes, d'une volonté de fer et de faire. Battre, toujours se battre, avec des petits et grands défis. Le prochain, c 'est  l'ascension du Kilimandjaro qu'il prépare avec les haltères et une machine qui régénère ses cellules.

L'ascension du Kilimandjaro avec des potes du rugby

Direction la Tanzanie, 5895 mètres d’altitude à gravir, le toit de l’Afrique pour le roi du défi.

Cette nouvelle incroyable aventure débutera le 29 juin prochain, mais l'ancien toulousain ne sera pas seul. Il sera accompagné par Vanessa Morales, une infirmière originaire de la région toulousaine qui détient le record féminin de montée et de redescente du Kilimandjaro. L'ailier toulousain était le parrain de sa première tentative de record. "C'est Vanessa qui me l'a soufflé : j'en ai rêvé, le prochain Kilimandjaro tu montes avec moi ! Pour moi aussi c'est une belle revanche par rapport à ma SEP. J'espère y arriver. Il y a le problème du mal de l'altitude. Je ne sais pas comment je vais réagir. Mais si j'y arrive je serais le plus heureux du monde !"

Elle a donc réussi à le convaincre pour une nouvelle mission toujours impossible mais pas pour David Berty. Pour lui donner du courage et garder l'esprit d'équipe, Thomas Castaignède (ex-Stade Toulousain), Thomas Lièvremont (ex-sélectionneur de l'équipe de France et Laurent Arbo (ancien joueur de Montpellier et ex-recordman du nombre d'essai : 100) l'accompagneront. 

Ce fauteuil qu'il a voulu éviter, David Berty l'utilise pour continuer de pratiquer son sport favori : le rugby. Une seconde jeunesse, des sensations évanouies et retrouvées... sous les couleurs du Stade Toulousain. "Dès que je vois ce maillot j'ai les larmes aux yeux. Je pars en quête de nouveaux trophées contre la maladie. Elle m'a foutu dehors mais je suis revenu par la petite porte et dans ma famille."

Avec une nouvelle gageure prévue à l'automne : la coupe du monde rugby fauteuil sous les couleurs de l'Espagne, le pays de sa maman.