Conduite sous l'emprise de stupéfiants, vitesse excessive, portable, alcool au volant. Face à une hausse des comportements à risque en Ariège, la Préfecture renforce, ses mesures de répression pour tenter de modifier les comportements des conducteurs au volant. Les nouvelles sanctions s'appliqueront à partir du 1er novembre 2023.

Deux ans à peine après avoir révisé le barême des infractions routières, la Préfecture de l'Ariège récidive. Elle vient de prendre un nouvel arrêté en date du 25 septembre pour tenter de faire changer le comportement des conducteurs toujours plus à risque.

Ce nouveau barême allonge les durées de suspension de permis de conduire sous l'emprise de l'alcool, de stupéfiants, pour excès de vitesse ou même pour utilisation d'objet connexe tel que le téléphone portable ou même les tablettes.  

Importante dégradation des comportements routiers

À compter du 1er novembre, les infractions routières, en augmentation constante, seront ainsi plus sévèrement sanctionnées. En 2022, on comptabilisait 675 suspensions du permis de conduire, contre 582 en 2019. "C'est inquiétant car au 25 octobre, on en est à 573 suspensions, dont 301 pour conduite sous emprise de stupéfiants, 184 sous alcool, 88 pour vitesse excessive", commente Guillaume Afonso, directeur de cabinet du préfet, interrogé par France 3 occitanie. 

"On ne peut que constater l’importante dégradation des comportements routiers délictuels sur les routes d’Ariège", annonce la Préfecture dans un communiqué ce mercredi 25 octobre 2023.

Par exemple, dès le mois prochain, les conducteurs contrôlés positifs aux stupéfiants risquent 6 mois de suspension de permis au lieu de 5 mois auparavant, 8 mois en cas de refus de se soumettre à un test de dépistage, et petite nouveauté un mois de plus en cas de récidive. Et pour cause.

Un niveau de consommation supérieur dans le département

La conduite sous l'emprise de stupéfiants a augmenté de 10%, annonce la Préfecture dans un communiqué, " le plus souvent cumulées avec des faits d’alcoolémie et de vitesse excessive". "Les stupéfiants (CBD compris), désormais premier motif de suspension du permis de conduire en Ariège, représentent 49,93 % du total des infractions. Cette tendance locale touche un public hétérogène appartenant à une tranche d’âge se situant entre 18 et 65 ans".

"S'ils cumulent, les contrevenants risquent 10 mois de suspension, directement. 12 mois en cas de refus d'obtempérer", souligne le directeur de cabinet. Entre janvier et août dernier, 3648 contrôles de stupéfiants ont été réalisés dont 246 positifs.

"Cette hausse importante des conduites sous emprise de stupéfiants, s'explique par une augmentation du nombre de contrôles des deux roues, mais aussi un niveau de consommation qui est supérieur dans le département. Les consommateurs sont de plus en plus jeunes, et n'utilisent pas que de cannabis. Mais aussi de la cocaïne et des amphétamines", analyse encore Guillaume Afonso. 

L'alcool et la vitesse également en tête des infractions 


Les conduites sous l'emprise de l'alcool sont également importantes. Au cours des 8 premiers mois de l’année, les forces de l‘ordre "ont réalisé 18 861 contrôles d’alcoolémie dont 191 positifs". Un refus de souffler dans l'éthylotest coutera deux mois de supension suppléméntaire au contrevenant ( 8 mois au lieu de 6 mois).

Au cours de la même période, 95 398 infractions (+ 35 % par rapport à la même période 2022) ont été relevés par les radars. Conséquence, la préfecture sera plus sévère concernant les infractions à la vitesse réalisées en agglomération, qu'elles distinguent désormais de celles observées hors agglomération. Les conducteurs pris en excès de vitesse risquent une supension de permis de conduire de 6 mois en agglomération (au lieu de 4 auparavant), et un mois supplémentaire en cas de récidive. 

6 personnes tuées sur les routes depuis le début de l'année

Enfin, en cas d'accident corporel, un conducteur peut se voir suspendre son permis durant 8 mois ( au lieu de 6) et 10 mois en cas d'accident corporel avec usage de stupéfiant et/ou alcool et/ ou excès de vitesse supérieur à 40 km/h. Depuis le début de l'année, 6 personnes ont été tuées sur les routes en Ariège (18 en 2022 dont 6 lors d'un choc frontal au mois d'août). "Les victimes sont souvent des usagers des deux roues, un vrai sujet de préoccupation en Ariège", indique encore Guillaume Afonso. 

Ce durcissement des santions routières fait aussi suite à l'organisation des 1ers états généraux pour lutter contre la délinquance routière, organisés en juin dernier. "Certaines sanctions étaient en dessous d'autres départements d'ex Midi-Pyrénées, il y a donc une sorte de rattrapage", explique le représentant de l'Etat. Parallèlement, de nombreuses actions de prevention sont organisées avec les forces de police et de gendarmerie dans les collèges et les lycées pour tenter de prévenir ces comportements à risque.