Toulouse : une exposition pour évoquer l'histoire des présences maghrébines dans la ville rose

Un chantier de construction à Toulouse dans les années 60 / © Collection particuliere/Famille Zidelmal
Un chantier de construction à Toulouse dans les années 60 / © Collection particuliere/Famille Zidelmal

C'est une exposition-événement visible à la grande médiathèque de Toulouse jusque fin janvier 2020: "Ô bledi, Ô Toulouse" retrace la chronologie des présences maghrébines dans la ville rose depuis la deuxième guerre mondiale. 

Par Eric Coorevits

"Ô blédi, Ô Toulouse !" -traduisez "Ô mon pays, Ô Toulouse"- est une exposition-événement que le public peut découvrir gratuitement à la médiathèque José Cabanis de Toulouse. A partir d'images d'archives publiques mais aussi de documents privés, confiés par certaines familles, ce parcours de mémoire retrace la genèse de ces présences maghrébines dans la ville rose, de 1945 à nos jours.

 

Cette exposition vient documenter un angle mort de l'histoire de l'immigration maghrébine à l'échelle d'une ville, une histoire qui n'avait pas encore été racontée. A travers des textes, des photos, des documents, il s'agissait d'évoquer, parfois de façon intime, l'histoire de l'immigration à Toulouse dans toute sa diversité.

Naïma Yahi
Historienne, commissaire scientifique de l'exposition



Plusieurs pans de cette histoire de l'immigration nord-africaine à Toulouse sont ainsi mis en lumière, grâce notamment à d'émouvantes reproductions, tirées de collections privées, ou issues du précieux fonds du photographe Jean Dieuzaide.

L'installation provisoire devient définitive

Alors qu'en région parisienne ou à Marseille, la présence de populations venues du Maghreb est effective dès la première guerre mondiale et entre les deux guerres, les premiers contingents d'étudiants ou d'ouvriers n'arrivent à Toulouse qu'après 1945. Puis c'est le rapatriement de familles de harkis et de juifs d'Algérie, en 1962. C'est ensuite dans les années 1970 que la ville rose voit arriver une main d'oeuvre algérienne, tunisienne, marocaine, venue répondre au besoin d'une ville alors en plein chamboulement. De grands chantiers urbains sont lancés, les entreprises de travaux publics ou les industries d'électro-chimie recrtutent à tour de bras. L'installation à Toulouse de ces ouvriers maghrébins, d'abord provisoire, devient pour certains, au fil du temps, définitive.

Des exemples de réussite sociale

L'exposition, réalisée en partenariat avec l'association Tacticollectif, s'attache aussi à montrer des exemples de réussite sociale de certains toulousains issus de cette immigration. Des entrepreneurs, des sportifs, des politiques, et bien sûr des artistes. Plusieurs photos inédites, des affiches de concert ou de festival nous replongent dans l'époque des débuts du groupe Zebda, incontournable à Toulouse lorsqu'il s'agit d'évoquer l'effervescence musicale des années 1980/90.

La deuxième génération prenait alors conscience qu'elle était toulousaine, c'était la fin du mythe du retour, il y avait cette idée de se faire une place dans la société française, l'envie de s'exprimer, un moment d'affirmation avec une dimension culturelle et artistique. Le groupe Zebda s'inscrivait dans cette histoire-là.

Salah Amokrane, commissaire général de l'exposition/Tacticollectif





L'exposition "Ô blédi, Ô Toulouse, les présences maghrébines dans la ville rose" est visible à la médiathèque José Cabanis de Toulouse jusqu'au 12 janvier 2020.

quelques photos visibles dans cette exposition

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