Toulouse intégration : une association fil rouge qui vient en aide aux plus précaires

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L'association Toulouse intégration propose depuis janvier 2021 une aide administrative et sociale à des personnes en difficulté. Huit bénévoles se relaient pour les épauler et les guider dans le labyrinthe administratif qu'elles doivent affronter.

Tous les bureaux sont occupés ce mardi à l'association Toulouse intégration. On remplit des dossiers, on discute, on explique, on rit aussi... C'est un peu la marque de fabrique de ce collectif qui existe depuis janvier 2021. Les permanences sont assurées par cinq personnes, huit en tout, dans une atmosphère des plus conviviales.
Face à elles, des gens démunis, souvent des étrangers, des couples parfois, mais plus fréquemment des femmes avec des enfants qui ont dû fuir leur pays. Dans le monde, toutes les deux secondes en moyenne, une personne est forcée de quitter son foyer et de prendre la route de l’exil.

Un accueil digne

"On a une très forte demande de personnes qui sont là depuis plus de 5 ans et qui ne souhaitent pas ou ne peuvent plus rentrer dans leur pays, explique Philippe Plantier, le président de Toulouse intégration dont l'objectif est d'assurer un accueil digne et d'accompagner ces migrants.
"Nous avons deux types de public : ceux qui ont été déboutés du droit d'asile mais restent. Et ceux qui sont partis pour des raisons familiales, des femmes qui ont refusé d'être mariées de force, des divorcées, d'autres qui ont eu des problèmes de couple parce que dans certains pays, monsieur peut se permettre beaucoup de choses. Il y a aussi des gens qui partent parce qu'économiquement, ils n'y arrivent pas. Beaucoup viennent des pays de l'Est, de pays francophones d'Afrique, de Madagascar aussi et de Saint-Domingue, du fait qu'il y a Saint-Martin à côté".

Seuls et démunis

Qu'ils fuient des conflits armés, des crises économiques, le changement climatique ou des violences intra-familiales, ces réfugiés se retrouvent démunis en France et vivent dans des conditions difficiles.
L'association est organisée autour de quatre pôles afin de favoriser leurs démarches. "Il s'agit du bureau de l'admission exceptionnel au séjour qui s'occupe des personnes qui ont cinq années de présence sur le territoire et qu'un employeur s'engage à recruter, explique Asma, une bénévole d'une trentaine d'années. Le second bureau s'occupe de ceux qui demandent la naturalisation. Le troisième, de toutes les démarches sociales liées aux HLM, à la CAF et à la sécurité sociale. Et le quatrième se consacre aux aides administratives comme la réunification des réfugiés et le regroupement familial, les renouvellements de titres de séjour, etc".

"Rendre ce qui m'a été donné"

Au bureau des demandes de naturalisation, Tugba, une jeune femme turque : "j'ai été très soutenue par une association qui a permis à mon mari d'avoir un titre de séjour alors que notre situation était vraiment compliquée. Je suis très attachée au fait de rendre ce qui m'a été donné, cet accompagnement, cette solidarité".
Cette organisation très structurée et la "spécialisation" des bénévoles permettent de traiter les dossiers avec efficacité. D'autant que les interlocuteurs sont nombreux : les Maisons de la solidarité, le 115, le CCAS (centre communal d'action sociale), la Mission locale, les foyers d'hébergement, etc.

En recherche de locaux plus grands

Toulouse intégration est installée dans un petit local à Empalot. Elle cherche à déménager dans un site plus grand de 60 à 70 m2. Dans l'absolu, ses membres souhaiteraient un local plus spacieux encore pour pouvoir ouvrir un vestiaire destiné aux enfants et bébés. De nombreuses mères n'ont rien ou presque pour les vêtir. 
L'association est ouverte les mardis et jeudis au public, de 10h à 17h. Son activité est intensive mais elle ne fonctionne que grâce aux dons. Elle répond à des besoins impérieux que la guerre en Ukraine a mis en lumière mais qui préexistaient. Selon le Haut-Commissariat aux réfugiés, près de 80 millions de personnes sont en situation de déplacement forcé.