Toulouse : la justice ordonne l'expulsion du DAL 31 et du centre Abbé Pierre de l'hôpital de La Grave

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Écrit par Cécile Frechinos
Le pavillon Nanta au sein de l'Hôpital de la Grave sont occupés par des associations d'aides aux plus démunis et aux mal-logés.
Le pavillon Nanta au sein de l'Hôpital de la Grave sont occupés par des associations d'aides aux plus démunis et aux mal-logés. © France 3 Occitanie

Le Tribunal administratif de Toulouse vient d'ordonner ce mardi l'expulsion du Droit au logement 31 et du centre Abbé Pierre installés illégalement depuis 2016 dans des locaux de l'hôpital de la Grave. Les associations se disent déterminées à obtenir de nouveaux locaux. 

C'est la fin d'un feuilleton qui opposait la mairie de Toulouse à des associations d'aide aux plus démunis. 

La première souhaite depuis plusieurs années créer une grande rue piétonne entre la rue du pont Saint-Pierre et le jardin Raymond IV. Pour cela, la mairie de Toulouse a besoin de détruire le "pavillon Nanta", un bâtiment désaffecté de l'hôpital de la Grave mis à disposition de la ville par le CHU.  

Les seconds occupent illégalement depuis 2016 le dit "pavillon Nanta".  Trois familles précaires y sont actuellement logées et les locaux servent également de bureaux, permanence, café solidaire, salle de réunion aux associations. Pour eux pas question de quitter les lieux. D'autant qu'un projet de création de résidences de luxe est prévu dans la même zone.

 

Un mois pour faire leurs valises 

Pourtant la justice a tranché. Saisi par le CHU de Toulouse et par la Ville, le tribunal administratif ordonne ce 20 avril l’expulsion des personnes et des associations occupant illégalement le "pavillon Nanta". 

" Expulser des personnes démunies en pleine pandémie et alors que la trêve hivernale a été prolongée, c'est inacceptable", juge Nina Condeçao, porte-parole du DAL 31. 

Son association ainsi que le centre Abbé Pierre ont désormais un mois pour faire leurs valises. Il y a encore un an, ils s'accrochaient à une promesse de relogement. " Avant les municipales nous avions entamé des négociations avec la mairie de Toulouse. Cette dernière devait nous proposer d'autres locaux sur le même site de l'hôpital de la Grave", se souvient la porte-parole du DAL 31. 

Mais les prémisses de cette convention d'occupation n'ont pas abouti. 

"Rendre ces lieux aux toulousains" 

Dans un communiqué Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, se félicite de l'issue de l'affaire. 

"Je prends acte de cette décision tout à fait logique et qui va permettre d'avancer. Après des mois et des mois d'amalgames mensongers de l'extrême-gauche (...) nous allons enfin pouvoir rendre ce lieu aux Toulousains, en y organisant un espace paysager et verdoyant mettant en valeur les abords de La Grave (...)
Bien sûr, les quelques personnes en difficulté sociale qui se trouvaient sur site sont accompagnées par les services sociaux, pour trouver des solutions concrètes à leurs problématiques de logement ou d'insertion, sans chercher à utiliser leur détresse comme un étendard politicien, sans faire de ces situations toujours complexes un fonds de commerce électoral indigne. Agir plutôt qu'agiter, telle est notre action au service de tous les Toulousains
», déclare ce mardi le maire de Toulouse. 

De son côté le DAL 31 et le centre Abbé Pierre se disent déterminés à se battre pour obtenir de nouveaux locaux. Les associations envisagent de mener des actions dans les prochains jours. 

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