Toulouse : le long chemin de croix d'un Toulousain victime d'usurpation d'identité

Un Toulousain de 49 ans est victime depuis 3 ans d'une usurpation d'identité. Un faussaire a profité de sa carte d'identité perdue pour effectuer de très nombreuses dépenses à son détriment. Lourdement endettée et fichée par la Banque de France, la victime endure un chemin de croix au quotidien.

La perte de papiers d'identité suffit à un faussaire pour s'approprier la vie de sa victime et ruiner son existence.
La perte de papiers d'identité suffit à un faussaire pour s'approprier la vie de sa victime et ruiner son existence. © Bruno Levesque / MaxPPP
Toulousain âgé de 49 ans, X. a perdu sa carte d'identité un jour de 2017. Il a signalé cette perte aux autorités pour pouvoir en refaire une nouvelle. Ce qu'il ignorait, c'est qu'elle n'était pas perdue pour tout le monde.
Un faussaire compétent a récupéré cette carte : elle lui a suffi pour obtenir un avis d'imposition auprès du Centre des Impôts. A partir de là toute une mécanique s'est enclenchée.

La spirale infernale

En effet, avec la simple photocopie d'une pièce d'identité et un justificatif de domicile, beaucoup de choses sont possibles : ouvrir des comptes bancaires en ligne, souscrire à des services financiers particuliers (augmentation de plafonds bancaires, souscription à des assurances...) des abonnements téléphonique ou internet et même - grâce au compte en ligne créé - faire des achats sur des sites marchands.
Les entreprises françaises sont pourtant alertées sur ces arnaques qui ne cessent de se développer. X. a été victime de cette spirale infernale : cela a commencé par un courrier lui confirmant l'ouverture d'un compte en ligne qu'il n'avait jamais sollicitée.

Une brave dame inondée de courriers

Mais pire encore : grâce à la présence sur internet de très nombreuses données personnelles auxquelles tout le monde peut avoir accès, surtout sur les réseaux sociaux, le faussaire a su quel était son employeur, il a pu créer de fausses fiches de paie, et enchaîner les dépenses (retraits d'argent, achat de billets d'avion, etc).
Il a poussé l'escroquerie jusqu'à donner une fausse adresse, celle d'une dame qui a vu arriver dans sa boîte aux lettres tous les courriers des banques et des impôts et autres demandes de recouvrement adressés au nom de la victime.

La vie quotidienne ruinée

Au bout de cette chaîne d'évènements, toutes ces dépenses et autres réclamations ont abouti sur le compte de X., sommé de rembourser tous ces créanciers et bien-sûr, sans avoir les moyens de le faire. Il s'est donc retrouvé fiché par la Banque de France, ce qui a entraîné les pires difficultés dans sa vie quotidienne.

Toute notre vie privée figure dans nos ordinateurs et nos téléphones portables. La perte d'une pièce d'identité ne fait que faciliter le travail d'un faussaire : il récupère avis d'imposition et justificatifs de domicile ; à partir de là il peut créer de fausses fiches de paie et enchaîner ensuite les dépenses et autres escroqueries.

Me Nicolas James-Foucher, avocat de X. au barreau de Toulouse

Dès le départ X. a porté plainte contre son faussaire au commissariat. Par la suite, ce sont tous les organismes, entreprises, commerces et même des particuliers, victimes de cette escroquerie, qui ont porté plainte contre lui.

Un délit puni par la loi

Il a donc dû à chaque fois déposer une plainte complémentaire pour que ces poursuites soient menées contre l'usurpateur de son identité.
Selon la loi française il s'agit d'un délit pénal, donc c'est le parquet de Toulouse qui dirige l'enquête, mais les services de police dédiés à ce type de dossiers sont saturés.
En effet, en France, plus de 200 000 personnes seraient victimes d'usurpation d'identité en ligne chaque année.
Du fait que le champ de bataille est essentiellement financier et commercial, c'est le ministère de l'économie qui présente sur son site internet une page spécifiquement consacrée aux usurpations d'identité, aux moyens de s'en protéger, et aux démarches à effectuer quand on en est victime.
On peut aussi trouver des informations utiles sur le site du Réseau France victimes ainsi qu'une écoute.

Le plaisir de nuire sur les réseaux sociaux

Il faut en effet bien cerner les différents types d'usurpation d'identité :Le pire, dans l'affaire dont X. est victime, c'est que ce qui y met un coup-d'arrêt c'est la dégradation extrême de sa situation : quand vous vous retrouvez interdit bancaire, fiché par la Banque de France, que votre nom ressort en rouge dans les bases de données des commerces en ligne, des opérateurs internet et téléphoniques, vous êtes "marqué au fer rouge".
A ce moment là le faussaire se retrouve coincé... Il ne lui reste plus qu'à trouver une nouvelle identité à usurper.

Des dégâts psychologiques non négligeables

Quant à X. il doit désormais faire face aux conséquences psychologiques de ce long chemin de croix, qui lui gâche sa vie quotidienne depuis 3 ans, et dont il ne sait pas quand il en verra le bout.
Ces dégâts psychologiques sur les victimes d'usurpation d'identité ne sont surtout pas à négliger : être considéré comme un escroc dans toute la sphère de sa vie sociale n'a rien d'anodin et vous impacte de plein fouet.

Les mesures de prudence


 
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