Toulouse : nouveau débrayage des salariés de Derichebourg, opposés à l'accord de performance collective

Les négociations se poursuivent au sein de l'entreprise Derichebourg Aeronautics Services. Ce sous-traitant d'Airbus veut signer un accord de performance collective pour repousser de quelques mois un plan social qui menace 700 emplois. Les salariés ont manifesté, pour la seconde fois en trois jours.

Première manifestation des salariés de Derichebourg, mardi 2 juin 2020.
Première manifestation des salariés de Derichebourg, mardi 2 juin 2020. © FTV

Mardi 2 juin déjà, ils ont débrayé devant le siège de l'entreprise Derichebourg Aeronautics Services, situé à Blagnac, près de Toulouse. Et aujourd'hui encore, environ 200 d'entre eux ont manifesté au même endroit, pour tenter de peser sur les négociations en cours.

Des "efforts" pour faire reculer un plan social

Début mai, la direction de ce sous-traitant d'Airbus avait annoncé un plan social, conséquence de la crise sanitaire sur le secteur aéronautique. Puis avait proposé un APC (accord de performance collective) pour repousser ce PSE au mois de septembre. 700 emplois sont en jeu. Cet APC prévoyait notamment la suppression de certains acquis sociaux comme une indemnité journalière de transport ou le 13ème mois. Sans accord, le PSE pourrait entrer en vigueur dès le mois de juin 2020.

Les négociations autour de l'APC ont donc débuté mi-mai, Force Ouvrière, le syndicat majoritaire, y étant favorable, la CFE-CGC et l'UNSA, étant opposés.

Quelles aides de l'Etat ?

Depuis, l'Etat a fait savoir, sans le dévoiler dans les détails, qu'il y aurait un plan d'aide à la filière aéronautique. Et pour une partie des salariés, il est urgent d'attendre, avant de signer quoi que ce soit.

C'est ce qu'ils sont venus dire, ce jeudi 4 juin, devant le siège de l'entreprise, à l'appel du syndicat UNSA Aérien SNMSAC. "Une trame de l'accord de performance collective nous a été envoyée dans la nuit", explique Philippe Faucard, de l'UNSA. "Ce sont les mêmes pistes qu'il y a deux jours. FO essaie de négocier le moins pire, quelques petites choses, notamment sur la mobilité"

Nous ne signerons pas, les salariés y sont absolument opposés

L'UNSA craint que l'accord ne soit effectif dès la fin du mois, avec des pertes sèches allant de 250 à 500 euros par mois. Pour le syndicat, l'APC ne va rien changer, et Derichebourg sera le premier d'une longue liste.

"Viser le Zéro emploi perdu"

Du côté de Force Ouvrière, on n'analyse pas les négociations en cours de la même manière. Le syndicat a accepté la suppression de certains acquis mais a fait des propositions en contrepartie, notamment une prime d'incitation à la mobilité, une incitation au départ volontaire voire à la reconversion, des engagements de maintien de l'emploi et une clause de "retour à meilleure fortune", si la situation de l'entreprise s'améliore. FO attend les réponses de la direction mais se veut raisonnablement optimiste : "On pourrait éviter la totalité du PSE", explique Jean-Marc Moreau (FO). "La bonne nouvelle, c'est que quand on fait des projections avec les aides de l'Etat, si elles vont jusqu'à juin 2022, on arriverait à sauver tous nos CDI. Il y a trois semaines, je n'y croyais pas mais là, je me dis que c'est possible. Oui, on recule et c'est terrible, mais viser le Zéro emploi perdu, c'et supérieur à ça".

On va peut-être complètement éviter le PSE

Des arguments que percoivent mal les quelques 200 salariés qui ont manifesté à nouveau ce matin. "L'inquiétude est énorme, et la colère monte, le groupe Derichebourg, c'est 2,7 milliards de chiffre d'affaires, on ne comprend pas", a notamment déclaré Boris Escaich, du syndicat UNSA.

La prochaine réunion de négociations entre les organisations syndicales et la direction de Derichebourg Aeronautics Services aura lieu mardi 9 juin prochain.

 

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