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A Toulouse, qu'en est-il de l'héritage politique de Dominique Baudis ?

Dominique Baudis, décédé ce jeudi, a marqué l'histoire récente de la ville : maire pendant 18 ans de 1983 à 2001, il a continué d'avoir de l'influence malgré ses responsabilités nationales. Jusqu'à l'élection en mars de Jean-Luc Moudenc qui se réclame de la "lignée des Baudis".

© AFP
Dominique Baudis a été élu maire de Toulouse en 1983, à la suite de son père Pierre Baudis, et jusqu'en janvier 2001 et sa nomination au Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA).

L'image d'une ville

Mais même après son "départ" de la ville rose, son influence dans le milieu politique local était grande. Si bien que son nom est sans doute davantage associé à l'image de la ville que celui de son père qui l'a précédé. Dominique Baudis était notamment à l'initiative de la ligne A du métro, qui a considérablement changé le visage du centre-ville mais aussi la circulation entre une partie de la périphérie et le centre de la ville rose. C'est lui qui avait d'ailleurs fait pencher de sa voix prépondérante le choix vers le métro plutôt que le tramway. La campagne des municipales 2014 qui vient de s'achever portait un peu cette empreinte !

Un héritage un peu lourd

A son départ en 2001, c'est Philippe Douste-Blazy, adoubé par Dominique Baudis, qui s'installe au Capitole. La mairie de Toulouse reste dans la famille centriste mais les rapports entre les deux hommes se détériorent au moment de l'affaire Alègre : Dominique Baudis reproche à son successeur de ne pas l'avoir alerté sur les "rumeurs" qui bruissaient alors à Toulouse sur son nom. 

LIRE ICI NOTRE DOSSIER SUR LA DISPARITION DE DOMINIQUE BAUDIS


Au départ de Philippe Douste-Blazy pour le gouvernement en 2004, le choix se pose sur Jean-Luc Moudenc pour lui succéder. S'il a été élu dès 1987 sur la liste de Dominique Baudis, comme il aime à le rappeler, Jean-Luc Moudenc n'est pas à proprement un "proche". Les "baudisiens historiques" comme Françoise de Veyrinas et Jean Diébold sont écartés. Dominique Baudis apporte ensuite un soutien franc et massif à Jean-Luc Moudenc en 2008, face à Pierre Cohen, mais cela n'empêche pas le maire sortant d'être battu.

Le retour de "la lignée des Baudis" en 2014

En 2014, quelques jours avant le second tour de la municipale, Jean-Luc Moudenc, qui n'a pas pu cette fois bénéficier du soutien officiel de l'ancien maire en raison de son devoir de réserve en tant que défenseur des droits, se réclame de lui-même de la "lignée des Baudis" voulant être "un maire ouvert et rassembleur". Bien que président de l'UMP 31, Jean-Luc Moudenc, issu lui aussi de la famille centriste, n'a de cesse depuis son élection à la mairie le 30 mars dernier de se référer à la méthode Baudis. Il a même fait élire sur sa liste Pierre Trautman, ancien directeur général des services du Capitole de 1983 à 2008 et proche de Dominique Baudis. 

EN VIDEO / pour le politologue Laurent Dubois, il n'y a pas vraiment d'héritier politique de Dominique Baudis
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Laurent Dubois sur l'héritage Baudis

Mais la fin d'une dynastie politique

Mais ces élections municipales 2014 ont aussi marqué un autre événement politique passé presque inaperçu : la fin d'une dynastie politique d'une cinquantaine d'années. En effet, après Pierre (élu dès les années 1950), Dominique son fils, c'est Florence Baudis, fille et petite-fille, qui figurait jusqu'à présent parmi les conseillers municipaux de la ville. Absente de la liste Moudenc pour 2014, elle a quitté le conseil municipal et avec elle ce nom de famille qui résonnait au Capitole depuis un demi-siècle. 
Livre de condoléances et drapeaux en berne au Capitole
Les drapeaux ont été mis en berne sur la façade du Capitole (mais aussi à l'Hôtel de région dont Dominique Baudis fut président de 1986 à 1988) dès l'annonce de son décès. 
Un livre de condoléances est à la disposition des Toulousains au rez-de-chaussée du Capitole. 
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