"Un acte grave et choquant" : l'agression d'une conseillère d'éducation par des collégiens à Toulouse suscite de vives réactions

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Écrit par Christine Ravier .

Alors qu'elle tentait de séparer deux collégiennes qui se battaient, une conseillère d'éducation a été poussée, puis une fois au sol, frappée à coups de pied et de poing. Cet acte grave a choqué la communauté éducative de Toulouse.

Une conseillère principale (CPE) du collège Stendhal de Toulouse est intervenue le 22 septembre lors d'une bagarre entre deux élèves. Elle a été bousculée et s'est retrouvée à terre. Elle a alors reçu des coups de pied et des coups de poing de la part des deux filles qu'elle tentait de séparer et de quatre autres élèves. Un surveillant et un élève sont intervenus pour la secourir.

Si la CPE a repris son travail dès le lendemain et n'a semble-t-il pas souhaité s'étendre sur ce qui s'était passé, la nouvelle a fait le tour des établissements. Les conseillers d'éducation, tout comme les équipes pédagogiques, sont choqués. "C'est une collègue, on n'est pas habitué à ce genre d'évènements. C'est grave et choquant. C'est peu commun mais ça révèle des tensions", réagit Sabrina Roche, représentante CGT Education et enseignante, elle aussi, dans un collège en zone d'éducation prioritaire. 

"On nous enlève des moyens humains"

"Ce n'est pas anodin, ça met en exergue la baisse de moyens à laquelle on assiste chaque année. Il y a deux ans, on a perdu l'allocation progressive de moyens de 60h. Elle nous permettait de mener des projets d'envergure, de travailler en petits groupes. Or à Toulouse, les collèges explosent. De plus en plus d'élèves arrivent. Au collège Stendhal, ils demandent une 3e CPE. Au collège George Sand, on monte des préfabriqués en raison du manque de salles. On a 200 élèves de plus qu'il y a 7 ans et toujours 2 CPE, sans parler du manque d'assistants d'éducation, les surveillants".

Pour la représentante de la CGT, ce manque de moyens humains crée de la tension. "On a eu deux ans de Covid, ça a été dur pour les élèves, pour nous, les équipes qui les encadrent... et la réponse : on nous enlève des moyens humains. Il y a des profs, des professionnels qui se donnent à fond, mais en regard, ils voient baisser les moyens, ça crée de la souffrance. Les élèves aussi le ressentent".

"Plus on est nombreux, plus on peut prendre en compte ces jeunes qui ont parfois des difficultés. Plus on est nombreux, plus ils sont sereins. Ce n'est pas une question de confort ou de caprice, c'est pour assurer la sécurité de chacun. Ce sont des ados qui ont besoin d'un cadre, si on n'est pas là pour donner ce cadre, ça explose. On veut bien faire pour les élèves. Or on nous dit : fais bien ton métier, mais on nous enlève les moyens de bien le faire... C'est rageant et terrible", réagit-elle.

Le SNES-FSU a quant à lui demandé dans un communiqué que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cet évènement. "Pour l'heure, il est indispensable de permettre à l'établissement de retrouver la sérénité nécessaire à son bon fonctionnement, et de laisser du temps aux équipes (...) pour échanger collectivement dans les jours qui viennent. Un tel évènement est évidemment choquant, pour les adultes comme pour les élèves du collège : toutes et tous doivent pouvoir être entendus et accompagnés, dans l'immédiat et autant que de besoin. La priorité est au recueil de la parole des collègues et de leurs besoins, sans a priori ni polémique".

"Un acte très grave"

De son côté, le recteur de l'académie, Mostafa Fourar, assure qu'un accompagnement des équipes est mis en place et qu'on répondrait à leur souhait d'être formé sur la gestion des conflits. Sur les faits eux-mêmes, il estime que "porter des coups à un agent de l'Éducation nationale dans l'exercice de ses missions est un acte très grave".

"Il ne faut pas minimiser cet incident, ajoute-t-il. C'est pour cela que je veux dire à tous les parents : leur responsabilité est engagée. On ne peut pas accepter ces comportements. Malheureusement avec un peu de recul et d'analyse, on peut s'apercevoir que la violence est dans la société, pas uniquement à l'école. Malheureusement, notre école est devenue perméable à cette violence qu'on ne voit pas seulement dans la cour de récréation, mais quelquefois aussi dans les classes".

Même si elle ne souhaitait pas le faire a priori, la conseillère principale du collège Stendhal qui a subi cette agression, a porté plainte contre X tout comme la cheffe d'établissement. Les six élèves impliqués sont suspendus dans l'attente d'un conseil de discipline. Ils risquent l'exclusion.

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