Les urgences de l'Hôpital de Saint-Gaudens en arrêt maladie

En raison de nombreux arrêts maladie des infirmiers du service, en grève depuis le 14 juillet pour réclamer des postes supplémentaires, l'accueil des urgences du Centre Hospitalier de Saint-Gaudens a fermé ses portes dimanche matin pour une durée d'au moins 48 heures. 

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Il ne fait pas bon avoir recours aux urgences de l'Hôpital public dans le vaste territoire du Comminges par le temps de crise qui secoue le Centre Hospitalier de Saint-Gaudens.

Un service des urgences en grève depuis plus de 4 mois


Depuis le 14 juillet, le service des urgences, en grève pour obtenir la création de 6 postes d'infirmiers, ne fonctionne en effet que sur assignations.

Mais depuis samedi matin, la situation s'est encore tendue.

Les 4 infirmières assignées se sont en effet déclarées en arrêt maladie, portant à un total de 6 les infirmiers dans cette situation, sur un total de 23 infirmiers dans le service. Du coup, la direction de l'établissement a eu beau déclencher le Plan Blanc permettant sur réquisition préfectorale le rappel du personnel, elle a dû se résoudre à fermer les urgences jusqu'à au moins lundi soir. Et à renvoyer les patients vers les services d'urgences déjà surchargés de Lannemezan (Hautes-Pyrénées), Saint-Girons (Ariège) ou Toulouse (Haute-Garonne). 

Des équipes surmenées, en grande souffrance. Des arrêts maladie qui pleuvent


"Voilà des mois que nous alertons la direction sur le surmenage dans ce service. Les équipes sont en grande souffrance, moralement et physiquement à bout. Il ne faut pas s'étonner que les arrêts tombent à la chaîne", témoigne un représentant du personnel du service des urgences fréquenté par 22.000 personnes chaque année. "Nous avons une moyenne de 80 entrées par jour, ajoute-t-il, l'activité a doublé en 20 ans mais le nombre d'infirmières n'a pas augmenté".

Le conflit s'est cristallisé autour de la question des équipes d'intervention mobile d'urgence, le SMUR, composées en principe d'un médecin, d'un infirmier et d'un ambulancier. Or, sur les deux équipes, une seule est entièrement financée. Pour habiller le Smur, il n'est donc pas rare que l'accueil des urgences fonctionne à flux tendu. "Il arrive qu'une seule infirmière soit en charge de l'accueil de 35 personnes", témoigne un salarié. Sans compter le déficit chronique que le financement de la deuxième ligne du SMUR génère pour ce Centre Hospitalier qui emménagera début février dans des locaux flambants neufs qu'il faut payer.

Un hôpital public en déficit chronique


Pour sa part, la direction annonce une reprise des négociations avec les grèvistes dès lundi. Mais le budget annuel de 60 millions d'euros de cet établissement de 400 lits constitue un véritable casse-tête. Il connaît déjà un déficit de 3,5 millions. La difficulté est telle que les charges sociales salariales ne sont plus payées.

L'intersyndicale de son côté réclame deux postes d'infirmières supplémentaires aux urgences, 24 heures sur 24, soit 6 emplois. "Les discussions ont toujours été stériles", regrette un de ses représentants. "Car on nous répond toujours qu'il n'y a pas d'argent et pas de possibilité d'en débloquer".

L'issue au conflit des urgences du Centre Hospitalier Comminges Pyrénées ne paraît pas encore en vue.

Voir le reportage de Grégoire Alcalay et de Noé Poitevin :

 
 



 
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