Fusion Alstom-Siemens : à Tarbes, les syndicats se disent « très inquiets"

Les salariés se méfient des promesses non tenues / © Maxppp Denise Rossano
Les salariés se méfient des promesses non tenues / © Maxppp Denise Rossano

Le français Alstom et l'allemand Siemens vont fusionner "entre égaux" leurs activités ferroviaires, une alliance économique pour contrer le géant chinois CRRC, mais aussi politique. Les salariés d’Alstom à Tarbes craignent des conséquences néfastes

Par Maria Laforcade + MP

Cette alliance va donner naissance à "Siemens Alstom", numéro deux mondial - en volume - pour le matériel ferroviaire roulant et au numéro un pour la signalisation.
Le TGV deviendra donc franco-allemand dans un premier temps, mais l'accord prévoit que Siemens pourra monter au-delà de 50,5% du capital au bout de quatre ans.

"Siemens avale Alstom"
Interrogé par France 3, Olivier Comet, délégué CFDT sur le site d’Alstom Tarbes tient à préciser qu’il ne s’agit en aucun cas d’une fusion, « c’est Siemens qui avale tout bonnement Alstom ... Il n’y a aucune coopération européenne dans ce rapprochement. Nous sommes très loin du cas d’Airbus où chaque partenaire est sur un pied d’égalité ».

Alstom n'aura pas un rôle moteur
Ce syndicaliste se dit « inquiet » même si cette annonce « n’est pas une surprise ». Il espérait en revanche que « qu’Alstom ait un rôle plus moteur dans ce rapprochement ». Puisque là, c’est bien Siemens qui prend la gouvernance de cette nouvelle entité, il redoute « des synergies entre les activités des deux pôles qui se feront au détriment des salariés ». Car un certain nombre d’activités vont se trouver en doublon. Il a peur que la préférence ne se fasse systématiquement à l’avantage de Siemens.

Les promesses ne sont que des promesses
Quant à l’annonce faite par Siemens que l’emploi serait préservé pendant 4 ans, il répond : « Ce genre de clause se trouve vite effacée au prétexte de soi-disant difficultés économiques qui apparaissent du jour  au lendemain. On ne croit plus à ces promesses. »

Malgré tout, cette affaire peut avoir un bon côté
Pour ce qui est des « bons côtés » de cette annonce, Olivier Comet estime « qu’à terme, cette consolidation peut s’avérer globalement positive pour contrer CRRC [le principal concurrent chinois d’Alstom-Siemens] ». C’est un rapprochement qui permet « d’avoir une taille plus respectable face à eux ».

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