Mondial de rugby au Japon : le village pyrénéen Castelnau-Magnoac, premier supporter du demi de mêlée Antoine Dupont

Antoine Dupont à Oita, au Japon, le 18 octobre 2019. / © Christophe Simon/AFP
Antoine Dupont à Oita, au Japon, le 18 octobre 2019. / © Christophe Simon/AFP

Dans les Hautes-Pyrénées, le village de Castelnau-Magnoac est le premier supporter du demi de mêlée du XV de France Antoine Dupont, un enfant du pays.

 

Par Marie Martin

Sa vivacité et sa capacité à casser les lignes impressionnent depuis son plus jeune
âge : Castelnau-Magnoac, village des Hautes-Pyrénées où le "surdoué" Antoine Dupont a ses racines, est le premier supporter du demi de mêlée du XV de France pendant le Mondial au Japon.
    
"On se souvient tous de ce blondinet à la bouille ronde avec son ballon", dit le maire Bernard Verdier, autrefois dirigeant du Magnoac FC (MFC) avec l'oncle du joueur, le défunt Père Laguillony. 

Un compétiteur né

"Petit, on le voyait jouer tout le temps, là, sous la tonnelle, à côté de la terrasse, avec Clément, son frère aîné", montre Jo Do Carmo, gérant du bar qui a pris la suite du réputé hôtel-restaurant du grand-père du rugbyman, Pierre Dupont. Dans cet établissement, sur les hauteurs du village, s'exprime toute l'admiration des quelque 800 âmes de la commune pour son joueur toujours "très attaché à son clocher", souligne Jo Do Carmo : à l'entrée trône une immense photo d'Antoine au dessus d'une écharpe de la finale du Top 14 (Toulouse-Clermont); en face une affiche "Bravo Antoine"; et en vitrine, des drapeaux d'adversaires européens du Stade toulousain, le club de l'enfant du pays.
  
 "Il arrangeait les règles", se rappelle en riant son frère Clément, avec lequel "la compétition était permanente". Il se souvient "des duels", des "trois contre deux" ou "trois contre trois" qu'Antoine aimait et grâce auxquels il a progressé. Doué, le petit était régulièrement surclassé et "jouait contre des plus grands".

Une passion familiale

Antoine Dupont a débuté le rugby à trois ans et demi. Pour suivre son frère, de trois ans son ainé, son "exemple", dit sa mère Marie-Pierre Dupont. "Il l'accompagnait le mercredi au stade", et "s'amusait avec les éducateurs", témoigne-t-elle. "Ensuite, il a rejoint l'équipe", les lutins.
    
Plus tard, "avant, après l'école, avec les copains, ils allaient au stade tous les jours à vélo, à 100 mètres de la maison", se souvient encore Mme Dupont, soulignant "la passion pour le rugby de toute la famille". Les gamins prenaient aussi le bus pour s'entraîner à Lannemezan (à 25 kms). 

 Le patron   

Antoine Dupont forçait déjà l'admiration de ses coéquipiers. "Il était "gazif" (rapide) avec un temps d'avance dans la vision du jeu", relate Kevin Guerrero, 24 ans, un copain d'enfance, voisin et coéquipier.
"Il avait déjà une belle technique de passes", affirme Laurent Laruez, dirigeant du MFC, rappelant que chez "les petits, il n'y a pas de postes prédéterminés" même si Antoine se comportait - déjà - "en patron".
    
"Il a développé ses qualités naturelles : accélération, appuis bas grâce à sa taille, sens tactique", détaille Clément. "Un surdoué, précoce, avec de la fluidité", résume Jean-Philippe Guerrero, premier entraîneur d'Antoine. 

Supporteur du Stade Toulousain

"Le rugby, c'était sa passion. Il rêvait de jouer à Toulouse. Il était supporteur", prolonge sa maman. A cinq, six ans, il avait demandé pour Noël les maillots des Toulousains Frédéric Michalak et Clément Poitrenaud, aujourd'hui l'un de ses entraîneurs.
    
Pourtant, en 2011, Mme Dupont a privilégié le centre de formation d'Auch (42 kms) aux dépens de celui du Stade Toulousain (97 km). "Le centre était bon. Son frère y était. Il était bien entouré. C'était plus famille" que Toulouse, se justifie-t-elle. 
    
Julien Sarraute, patron à Auch, devenu entraîneur en chef de Colomiers (Pro D2), a été marqué par ce "gamin discret qui n'a manqué aucune séance en quatre ans".

Polyvalent

Le plus jeune et le plus petit à son arrivée, il s'est "construit un physique, transformé en athlète tout en restant un joueur d'instinct et humble", relève Julien Sarraute. Pour lui, la chance de Dupont a aussi été d'évoluer avec une belle génération : Anthony Jelonch (Castres), Gauthier Doubrère (Biarritz), Pierre Dupouy (Bourg-en-Bresse). Sans récompense toutefois pour le groupe, qui perdra en finale des Crabos (junior) 2014 contre le Racing (20-18). 

Dupont, envolé à Castres (débuts en Top 14 le 8/11/2014) et... Toulouse (2017) a "cultivé à Auch sa polyvalence" en "alternant entre ouvreur et demi de mêlée". "Sa force", remarque Sarraute, "c'est sa passion. Il peut jouer à tous les postes parce que sa passion, c'est de jouer au rugby". 
 

Sur le même sujet

Max Brail, maire de Lastours, regrette le manque de soutien de la part de l'Etat

Les + Lus