Un récif artificiel immergé au large du Cap d'Agde, des rochers sous l'eau pour les poissons et les plongeurs

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Écrit par Armelle Goyon

Après l’immersion spectaculaire de récifs en béton 3 D dans la bande des 300 mètres au large d'Agde, c'est au tour d’un “village” de récifs artificiels ! Objectif : protéger la faune et accueillir les plongeurs. C’est le plus gros chantier de ce type au monde.

Comment appelle-t-on ces domiciles pleins de trous et de recoins, savamment imaginés, faisant office de caches et d’habitacles ? Des récifs artificiels où poissons et autres animaux marins aiment folâtrer dans un environnement qui en manque cruellement en Méditerranée, aux fonds désespérément sableux et vaseux, dépourvu le plus souvent d’enrochements.

"Les récifs artificiels ont beaucoup été utilisés, notamment au Japon, pour faire revenir le poisson," explique Joffrey Capet, chef de projet chez Seaboost. "Chez nous aussi, pour les mêmes raisons et à cause des fonds sableux. Sur Agde, nous avons monté un projet unique au monde avec 11 récifs artificiels, dont un de 110 tonnes, avec l’Aire marine protégée d’Agde sur des fonds de l’Ademe.

Ces blocs de béton sont pérennes et protègent les fonds et la riche activité des herbiers de Posidonies, tout comme la biodiversité des poulpes, calamars, langoustes ou encore daurades des fonds marins . Leur but est même aussi de faire prospérer certaines espèces et de répondre à leurs besoins. Pour cela, ces modules ont été savamment conçus avec des cavités plus ou moins profondes, de différentes formes, communicantes ou pas.

Ces récifs artificiels que nous avons immergés permettent de protéger la côte contre des chalutiers qui viendraient pêcher de trop près. Cela permet aussi aux poissons de se reproduire et de coloniser tous ces systèmes.

Gilles D'Ettore, maire d'Agde

Offrir un second spot de plongée avec ces récifs

L’expérience vise à partager une contrainte : les plongeurs sont nombreux à pratiquer leur passion aux abords du fameux roc de Brescou au large du Cap d’Agde, qui abrite le fort de Brescou.

Ces récifs leur offrent un second spot de plongée et soulagent la pression touristique en la divisant. “Il y a beaucoup de clubs de plongée sur le site de Brescou avec des amateurs et des pros. L’écosystème est en danger. Ces structures artificielles offriront un second site. Ce qui permettra de maintenir la présences des clubs sur Brescou.” explique Joffrey Capet, chef de projet chez Seaboost.

"On sait très bien que ce type de récifs va fonctionner. C'est gagnant-gagnant pour les clubs de plongées, avec plusieurs milliers de plongées par an et des dizaines de clubs et pour la biodiversité, faune ou flore, on sait qu'elle va revenir," conclut Renaud Dupuy de la Grandrive, directeur du milieu marin à Agde.

Un rempart contre les tempêtes

La société montpelliéraine Seaboost a fait fabriquer des récifs artificiels, sur le port de Sète. Une dizaine de blocs, dont un de 110 tonnes, de 6,5 mètres de haut et de 8 mètres sur 6 mètres de base. L’ensemble a été acheminé à deux kilomètres au large d’Agde par 21 mètres de fond.

Ces récifs en béton 3 D disposent d’une dalle en béton armé pour stabiliser le récif pour pouvoir faire face à une houle trentennale. C’est-à-dire une tempête exceptionnelle. Qui statistiquement arrive tous les 30 ans.

Ce projet a couté 600 000 euros à la ville d 'Agde et a été financé à 80 % par l’Etat et la Région Occitanie.