Faux pass sanitaire : une infirmière et un employé de l'Education Nationale poursuivis pour escroquerie

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Écrit par Carine Alazet
Le 15 décembre 2021, date butoir pour la désactivation du passe sanitaire des plus de 65 ans, sous certaines conditions.
Le 15 décembre 2021, date butoir pour la désactivation du passe sanitaire des plus de 65 ans, sous certaines conditions. © Richard Villalon/BELPRESS/MAXPPP

Une infirmière a tenté de faire frauduleusement bénéficier une connaissance d’une attestation de vaccination COVID malgré l'absence de vaccination effective. En garde à vue, elle a reconnu les faits tout comme le bénéficiaire de ce faux passe sanitaire.

L'infirmière de 55 ans travaillait au centre de vaccination de Béziers quand elle a accepté de s'organiser afin d'accueillir elle-même puis de faire semblant d'administrer une première dose de vaccin à l'une de ses connaissances le 23 juin 2021. Un second rendez-vous était fixé le 3 août 2021, avec ce même employé de l'Education Nationale de 34 ans, pour faire semblant de lui administrer la seconde dose, selon les faits établis par les enquêteurs. La fraude n'a pas abouti car le centre de vaccination a reçu un appel anonyme avertissant que l'homme se vantait de son faux pass sanitaire auprès de son entourage.

L'intervention d’un cadre au sein du box de l'infirmière a empêché la machination d'aboutir à la suite d'un appel téléphonique anonyme auprès du centre de vaccination.

Raphaël Balland, procureur de la République à Béziers

À la suite du signalement effectué par l’agence régionale de la santé (ARS), le parquet de Béziers a saisi le commissariat de police de Béziers qui procédait à de nombreuses vérifications. Rien n'a permis aux enquêteurs d'établir que cette infirmière avait utilisé ce stratagème avec d'autres patients.

L'homme et l’infirmière ont été placés en garde à vue au commissariat de Béziers le 6 décembre 2021. Ils ont reconnu les faits. L'homme affirmait ne pas avoir confiance dans la vaccination anti COVID mais qu'il avait besoin d'un pass sanitaire dans le cadre de ses activités musicales. De son côté, l'infirmière expliquait avoir agi ainsi à l'égard de ce seul patient, qu'elle connaissait par ailleurs, afin de lui rendre service.

"Le 8 décembre 2021, à l'issue de leur garde à vue, les deux personnes ont été présentées au parquet qui décidait de poursuivre l'homme du chef d'escroquerie et l'infirmière du chef de complicité d'escroquerie", précise le procureur de la République à Béziers.

Dans l'attente de leur procès prévu le 28 février 2022, le juge des libertés et de la détention a placé les prévenus sous contrôle judiciaire. L'infirmière a en outre interdiction d'exercer son activité professionnelle et une obligation de soins psychologiques compte tenu d'une fragilité de son état mental mise en évidence pendant l'enquête. Elle ne travaillait plus au centre de vaccination de Béziers depuis le mois de septembre 2021.

Les deux prévenus n'ont jamais été condamnés jusqu'à présent. Ils encourent des peines maximales de cinq ans d'emprisonnement et 375 000 € d'amende. L'infirmière risque aussi une interdiction définitive ou pendant cinq ans maximum d’exercer sa profession.

 

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