Dans les grottes de l'Hérault, une eau vert fluo pour protéger les sources

Le département de l'Hérault organise une étude sur les écoulements souterrains dans le secteur de Saint-Pons-de-Thomières. Objectif de cette opération : localiser les sources et bannir de leurs zones tout danger polluant.

Protéger la qualité de l'eau que nous buvons : c'est l'objectif de la mission sur les eaux souterraines commandée et financée par le département de l'Hérault. Dans les grottes du parc naturel régional du Haut-Languedoc, une équipe s'apprête à descendre à 30 mètres sous terre. Après plusieurs dizaines de minutes de faufilage entre les rochers, un son lointain vrombit : une rivière coule dans le trou du Renard. L'hydrogéologue Nicolas Liénart la soupçonne de se déverser dans un lac sous-terrain à quelques kilomètres, où l'eau potable est puisée :

On suspecte que cette rivière donne sur la source du Jaur, où l'eau de Saint-Pons-de-Thomières est puisée. Nous y avons placé des capteurs, afin de confirmer le chemin naturel de l'eau. Nous sommes à quelques kilomètres en amont : pour découvrir le tracé, je dois colorer l'eau avec trois kilos de fluorescéine, qui est un colorant alimentaire.

Nicolas Liénart, hydrogéologue

L'image est impressionante : plusieurs centaines de litres d'eau vert-jaune s'écoulent et s'infiltrent entre les roches. Accompagné des clubs locaux de spéléologie, véritables acteurs et spécialistes de ces terrains périlleux, l'hydrogéologue doit désormais parcourir plusieurs cavités pour relever les résultats des capteurs.

Protéger l'eau que boivent les habitants de la commune

Victoire ! Dans la source du Jaur, les capteurs décèlent la présence de colorant, invisible à l'oeil nu. "C'est une réussite !" s'enthousiasme Nicolas Liénart. "Parfois, nous forons et ne trouvons pas d'eau. Parfois, nous n'avons plus aucune trace du colorant. Mais là, nous avons la confirmation que l'eau provient bien de la rivière souterraine ! Grâce à cette analyse, nous allons pouvoir protéger l'eau que boivent les habitants de la commune."

Cette découverte permettra au Département de condamner l'accès à cette source à l'aide de barrières et d'interdire formellement l'implantation d'usines polluantes aux alentours. "Avec les sécheresses récurrentes dans l'Hérault, il est important que nous mettions les moyens techniques pour protéger nos eaux" précise Marie-Pierre Pons, conseillère départementale du Canton de St-Pons." Nous avons investi six millions d'euros et mobilisé une équipe entièrement dédiée au traçage de nos rivières, afin de préserver les sources."

À quelques mètres, deux tuyaux puisent l'eau de la source du Jaur. Cette eau terminera dans les robinets des foyers héraultais.

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