Un chercheur de Montpellier valide un test sanguin pour détecter la mutation des tumeurs

Alain Thierry, un chercheur de Montpellier a validé une avancée révolutionnaire pour une prise en charge personnalisée des cancers. La recherche des mutations des cellules tumorales peut maintenant se faire à partir d’un prélèvement sanguin. Découverte publiée sur le site Nature Medicine.

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Alain Thierry, chargé de recherche INSERM à l’Institut de Recherche de Cancérologie de Montpellier (IRCM), a publié ces résultats le 23 mars, dans la prestigieuse revue Nature Medicine.

Certaines mutations tumorales sont actuellement recherchées pour déterminer la sensibilité des patients atteints d’un cancer colorectal métastatique à leurs traitements. Il s’agit ainsi de proposer au patient une thérapie adaptée, en réduisant sa toxicité, et au système de santé une diminution des coûts.
Alain Thierry et son équipe ont conçu un test sanguin qui pourrait remplacer l’analyse des tissus tumoraux dans la recherche des mutations. En effet, de faibles quantités d’ADN provenant directement des tumeurs circulent dans le sang d’individus atteints de cancer. Ce test, nommé Intplex®, consiste à analyser spécifiquement l’ADN circulant libéré par les cellules tumorales.

Les avantages de ce simple test sanguin sont multiples

L'analyse de l'ADN circulant, qui permet l'analyse moléculaire de tumeurs non opérables, est très peu invasive, peu coûteuse et apporte des résultats rapides.
Elle permet de remplacer la biopsie du tissu métastatique potentiellement à risque, elle assure une photographie en temps réel de la tumeur en place, alors que les métastases peuvent être traitées à partir de données antérieures sur tumeurs primaires.
L'analyse, grâce à sa capacité à être répétée, permet surtout de détecter les mutations qui émergent au cours des traitements ciblés et qui sont responsables de la résistance aux traitements.

Le rendu du résultat du test sanguin est de 2 jours en moyenne, alors qu’il est d’au moins 11 jours pour les analyses à partir du tissu tumoral.
De plus, ce test peut être adapté à toute autre mutation préalablement connues et donc à tout autre type de cancer.
Enfin, ce test pourrait aussi, par des données quantitatives, permettre de mesurer le pronostic du patient, ses éventuelles récidives, les résistances au traitement.

Aujourd’hui, le cancer colorectal est le 3e par son incidence et son taux de mortalité pour les hommes et les femmes dans les pays occidentaux (un million de nouveau cas par an dans le monde, 600.000 en décèdent). Le taux de survie à 5 ans des patients atteints d’un cancer colorectal est de l’ordre de 65% et de 10% chez les patients métastatiques. Cette étude a été réalisée sur des patients dont on a analysé les mutations des gènes KRAS et BRAF à partir du tissu tumoral et à partir de l’ADN circulant tumoral.

Ce travail réalisé en collaboration avec l’Unité Sysdiag CNRS UMR3145, l’Institut du Cancer de Montpellier (ICM), le CHU de Clermont-Ferrand et le CHU de Limoges, a été mené chez 106 patients atteints de mCRC. Il constitue la première évaluation clinique prospective en aveugle multicentrique comparant directement l’analyse du tissu tumoral à l’analyse sanguine.

Plus d'informations sur le site de l'Institut de recherche en cancérologie de Montpellier.
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