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Le groupe Midi Libre pourrait être vendu en totalité à La Dépêche du Midi

Le groupe La Dépêche du Midi a réalisé une percée dans ses "négociations exclusives" avec le Groupe Sud Ouest (GSO) pour devenir "l'actionnaire de référence" et "l'opérateur" du groupe Midi Libre, que GSO cèdera finalement en totalité, a-t-on appris mardi. La vente pourrait intervenir en avril.
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illustration © F3 LR F.Dubault

Les comités d'entreprise de La Dépêche et du Pôle des Journaux du Midi, qui publie notamment Midi Libre, Centre Presse Aveyron et L'Indépendant de Perpignan, doivent être informés vendredi 30 janvier (14H30) de l'avancée des négociations. Annoncées le 28 août 2014, elles pourraient, après l'accord des banques et l'avis de l'Autorité de la Concurrence, être finalisées vers la mi-avril, indique-t-on de même source.

Si tel devait être le cas, ce serait la naissance d'un nouveau poids lourd dans la presse quotidienne régionale (PQR), le groupe Centre France (La Montagne) étant aussi partie prenante dans l'opération comme actionnaire minoritaire (95% pour la Dépêche et 5% pour Centre France). De plus, le nouveau groupe anticiperait la création de la future Région Midi-Pyrénées-Languedoc-Roussillon.
Le groupe La Dépêche du Midi, présidé par Jean-Michel Baylet, est associé dans ces négociations à Centre France et à des actionnaires minoritaires locaux de la région de Montpellier, siège de Midi Libre. Au sein du Pôle des Journaux du Midi, La Dépêche était déjà actionnaire minoritaire (moins de 30%) des Gazettes Associées qui publient les hebdomadaires La Gazette de Montpellier, la Gazette de Sète et la Gazette de Nîmes.

Les actionnaires -très minoritaires- montpelliérains liés à La Dépêche seraient Louis Nicollin, industriel dans le nettoyage urbain, le ramassage et le traitement des déchets et président du club de football de Montpellier, ainsi que l'architecte François Fontès, qui a conçu l'Hôtel de Ville de la métropole languedocienne.

Initialement, il était envisagé que le Groupe Sud Ouest (GSO), dont le siège est à Bordeaux, resterait actionnaire de Midi Libre à hauteur de 33,4%. Mais finalement, GSO s'est résolu à tourner complètement la page, vraisemblablement en raison de la charge financière -notamment la poursuite du remboursement des crédits en cours- qu'aurait représentée la conservation d'une minorité de blocage.
Comme l'avait indiqué à l'AFP le 28 août 2014 Michel Habouzit, directeur général du groupe Centre France, l'objectif est de constituer "une plaque de PQR suffisamment dimensionnée pour peser sur le marché des annonceurs, sur le marché des achats de papier et de consommables, et atteindre une taille respectable qui pèse sur le marché".

Aucune information n'a pour le moment filtré sur le montant de l'opération.

Les Journaux du Midi avaient été acquis par le Groupe Sud Ouest en 2007 pour 90 millions d'euros. Depuis, un plan de départs volontaires a entraîné la sortie d'un peu plus d'une centaine de salariés. Selon GSO, les trois principaux titres des Journaux du Midi vendent au total près de 220.000 exemplaires par jour.
La constitution de ce nouvel acteur majeur de la PQR intervient alors que la presse française -nationale, régionale ou magazine- traverse une crise aiguë: chute des ventes et des recettes publicitaires, déficits généralisés, plans de départs, cessions en rafales. Un déclin que les développements numériques avec les sites en ligne ont bien du mal à compenser.
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