Meurtre de Mauguio : 20 ans requis contre Martinelli l'acquittement pour Holland

Lorenzo Martinelli dans le box a accepté d'être photographié au dernier jour du procès / © France 3 LR
Lorenzo Martinelli dans le box a accepté d'être photographié au dernier jour du procès / © France 3 LR

L'avocat général Brignol demande aux jurés des assises de l'Hérault, une peine de 20 ans de réclusion à l'encontre de Lorenzo Martinelli pour le meurtre de Guiseppe Oliva. Elle requiert l'acquittement de Thierry Holland. Le corps carbonisé de la victime avait été découvert à Mauguio en 2009.

Par Laurence Creusot


L'avocat général regarde droit dans les yeux Lorenzo Martinelli : "Quelque soit la peine prononcée. Mettez votre intelligence au service du bien désormais".
Un peu avant l'accusation avait insisté sur la méthode digne du grand banditisme employée par Martinelli pour tuer Guiseppe Oliva.

Manon Brignol s'appuie sur le témoignage de Holland pour prouver qu'Oliva est bien mort étranglé.
"La thèse de la dispute qui tourne mal n'est pas probante" poursuit l'accusation en citant les différents témoignages et propos examinés durant les débats.
"Ma technique préférée c'est la strangulation car on peut voir la pitié dans les yeux de la victime quand elle commence à partir" dira Martinelli selon un témoin.
Pour l'accusation Martinelli a voulu tué, a tout mis en cause, n'a laissé aucune chance à sa victime. Le mobile est crapuleux. "C'est l'appât du gain qui a animé Lorenzo Martinelli." conclut l'avocat général.
Elle ajoute que Martinelli a dépouillé la victime après les faits.

L'acquittement requis pour Holland

"Je n'ai pas les moyens de prouver de manière formelle la culpabilité de Holland dans ce meurtre même si des zones d'ombres subsistent.". "Qui dit doute, dit acquittement" poursuit l'accusation.
L'avocat général explique qu'il ne pourra y avoir requalification des faits en correctionnelle d'où la nécessité d'acquitter Thierry Holland.

Les deux versions remises en question par l'accusation

Durant les trois ans d'instruction les deux accusés se rejettent mutuellement la responsabilité du meurtre.
Seul point commun dans leurs déclarations : le transport et la crémation du corps.
"Le corps est encore sanguinolent quand ils décident de revendre à des gitans les bijoux et la montre de la victime.".
Viennent ensuite les achats dans un magasin de bricolage le lendemain après une nuit passée à côté du corps.
Ils emballent le corps, l'emportent dans la Twingo, y mettent le feu sur des pneus dans un chemin.

Tous les témoins décrivent Holland comme un homme calme, léthargique incapable d'être l'auteur d'un meurtre.
Martinelli continue à accuser Holland. il ne bouge pas dans ses déclarations.
Sauf le jour du procès. Martinelli dédouane Holland et assume le meurtre tout en minimisant les violences.
L'avocat général estime qu'il faut reconsidérer les versions des deux hommes. Et ne pas s'arrêter à cette distribution des rôles.
"Je reste troublée par la version de Holland " explique l'avocat général.
Manon Brignol rappelle l'existence de 16 échanges téléphoniques entre les deux hommes le jour même.
Holland ne réagit à aucun moment pendant la scène du meurtre alors qu'il habite à deux pas du commissariat. il ne quitte pas les lieux. Ne prévient jamais les secours.
"J'ai dû mal à croire qu'il s'associe à la crémation du corps sans réagir, s'il est dans l'état de panique qu'il nous décrit.".
"De plus les hommes restent très amis après les faits".

"Thierry Holland est un toxicomane plutôt passif".
"Lorenzo Martinelli a un profil de revendeur violent parfois impitoyable".

L'accusation fait état des différents actes de violence de Martinelli. En mars 2009, Martinelli menace sa compagne avec une arme. En juin 2009 Martinelli menace l'amant de sa femme. En septembre 2009 c'est au tour d'un restaurateur de Montpellier. Puis en octobre, c'est le passage à tabac de Swartebroeck le colocataire de Martinelli. Il sera hospitalisé. En décembre 2009 Martinelli propose son aide pour enlever un homme. Viennent ensuite les menaces à l'encontre de la famille du dealer sénégalais Riad Zabbal.
"Des violences qui confinent au sadisme." précise l'avocat général.

Manon Brignol requiert vingt ans de réclusion pour meurtre à l'encontre de Lorenzo Martinelli et l'acquittement de Thierry Holland.

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