Le CHU de Montpellier va piloter les essais d'un pancréas bio-artificiel capable de produire de l'insuline dans l'organisme des patients diabétiques. L'équipe du professeur Eric Renard sera en charge du projet.
Un pancréas bio-artificiel capable de produire directement de l'insuline dans l'organisme de patients atteints de diabète de type 1 a été mis au point par des chercheurs et devrait être testé chez l'homme d'ici 2015, au CHU de Montpellier
Ce projet, dans le cadre de deux projets européens, a été élaboré en partenariat avec le Centre de transfert de technologie du Mans (CTTM), le Centre européen d'étude du diabète (CEED) à Strasbourg et la société Statice à Besançon, spécialisée en microtechnique
Le diabète de type 1, insulino-dépendant, touche environ 25 millions de personnes dans le monde, dont quelque 200.000 en France, soit environ 5 à 10% de l'ensemble des cas recensés de diabète. Les thérapies utilisées pour le traiter sont les injections quotidiennes d'insuline ou la greffe de pancréas notamment.
Comment ça marche ?
Le pancréas bio-artificiel se présente sous la forme d'une petite poche semi-perméable de dix centimètres de côté, implantée dans le ventre du patient. A l'intérieur de cette poche, une membrane accueille des cellules vivantes capables de sécréter directement l'insuline dont le malade a besoin, a expliqué Hervé Pichon, directeur général du CTTM, l'un des partenaires du projet, qui fabrique la membrane.
"Ca paraît simple comme produit, mais ça a pris 20 années de recherche en amont", note-t-il.
Plus d'injection d'insuline
L'intérêt est que "le patient ne s'injecte plus d'insuline" plusieurs fois par jour et gagne ainsi en confort de vie, poursuit-il.
Le dispositif, qui laisse passer dans l'organisme le glucose, l'oxygène, l'insuline et les nutriments, reste toutefois imperméable aux molécules du système immunitaire, rendant inutile la prise de médicaments anti-rejet, indique aussi M.Pichon.
Le pancréas bio-artificiel, qui peut accueillir des cellules d'origine animale (porc) ou génétiquement modifiées, permet aussi de "s'affranchir des problèmes
de pénurie d'organes", relève Richard Bouaoun, manager en recherche et développement chez Defymed, start-up strasbourgeoise chargée du développement du dispositif.
Il évite aussi, selon lui, les complications à long-terme du diabète.
Testé au CHU de Montpellier
Après des tests concluants sur de petits animaux, le pancréas bio-artificiel est désormais en phase de tests sur le singe et le porc.
Il devrait ensuite être testé chez l'homme d'ici fin 2015, selon M. Bouaoun. Les essais seront pilotés par le CHU de Montpellier (équipe
du professeur Eric Renard) et par l'université d'Oxford. La première phase concernera au moins seize patients, souffrant d'un diabète complexe, a-t-il précisé.