Coronavirus : un syndicat de police de l'Hérault lance un appel aux dons pour récupérer des équipements de protection

Selon le syndicat Alliance Police Nationale, il faudrait près de 10 000 masques pour les agents afin de tenir un mois face aux dangers du coronavirus. / © Loic VENANCE / AFP
Selon le syndicat Alliance Police Nationale, il faudrait près de 10 000 masques pour les agents afin de tenir un mois face aux dangers du coronavirus. / © Loic VENANCE / AFP

Le syndicat Alliance Police Nationale de l'Hérault a lancé, ce lundi 30 mars, un appel à des sociétés, des collectivités ainsi qu'aux particuliers afin de récolter des masques et des gants de protection pour se protéger du coronavirus Covid-19.

Par Antoine Belhassen

"Nous sommes dans une situation délicate", avoue Rémy Alonso, secrétaire départemental du syndicat Alliance Police Nationale dans l'Hérault. Ce lundi 30 mars, il a lancé un appel aux dons à des sociétés, des collectivités ainsi qu'aux particuliers afin de récolter davantage de masques et de gants de protection pour protéger les effectifs du coronavirus Covid-19.
 

Nous sommes chargés d'une mission importante. Nous sommes tous les jours au contact de populations à risque. Et, on nous a demandé de rendre tous nos masques FFP2. C'est difficile pour nous. Nous sommes assez soucieux de la tournure des événements", explique-t-il.


En effet, il a été récemment demandé à la Direction Départementale de Sécurité Publique (DDSP) de rendre l'intégralité des masques de protection au Secrétariat général pour l'administration du ministère de l'Intérieur (SGAMI). Les équipements devraient être stockés au profit des professionnels de santé, qui font, eux aussi, face à une pénurie d'équipements de protection.

"C'est compréhensible. Nous ne pouvons pas nous indigner de cette décision. Les professionnels de santé sont en première ligne de la maladie. Mais, en tant qu'agents de la police nationale, nous sommes également surexposés", poursuit Rémy Alonso.
 

Un premier don enregistré dans la journée


Depuis le début de l'épidémie, le secrétaire syndical rend compte d'une situation de plus en plus compliquée avec de nombreux déplacements sur le terrain, chez des particuliers et des journées de travail passées de 8 à 12 heures.

A l'heure actuelle, près de 140 agents de la police sont en congé de maladie. Une vingtaine d'entre eux ont été testés positifs au coronavirus, selon Rémy Alonso. Et, ces chiffres ne montreraient pas la réalité des choses : "Il est plus que probable que davantage de policiers soient malades, entre ceux qui ne le savent pas encore et les personnes asymptomatiques."
 

Le secrétaire syndical ne souhaite pas que la police "devienne le premier vecteur de transmission du virus". C'est ce qui l'a poussé à lancer cet appel aux dons :

Il y a environ 600 fonctionnaires par semaine sur la voie publique. Pour tenir un mois, il nous faudrait donc 10 000 masques rien que sur le département de l'Hérault.


Lancé ce lundi 30 mars, l'appel aux dons a déjà été entendu par un particulier : "Un membre de la communauté arménienne nous a fait savoir qu'il nous enverrait gratuitement une cinquantaine de masques en tissu, dont la production est assurée à domicile, par ses connaissances. Nous prenons toutes les aides possibles. C'est très louable de sa part et ses masques seront distribués dès demain."
 

"On a envisagé de lever le pied"


"C'est un peu frustrant. Nous avons dû lutter pour obtenir ces masques et on nous les retire maintenant. Ce sont des décisions qui nous paraissent être étonnantes. Des prisonniers bénéficieraient toujours de masques, alors qu'ils sont déjà confinés. Nous, sur le terrain, au contact des populations, on se retrouve un peu dépourvus", s'inquiète Rémy Alonso.

Le secrétaire syndical avoue avoir déjà pensé à lever le pied sur les contrôles d'attestation, "à défaut d'être équipé correctement". Mais aucune consigne de ce genre n'a été donnée, tient-il à rassurer : "Nous n'avons pas de droit de retrait à proprement parler. Ni de droit de grève. Nous continuons donc d'assurer l'ordre. Mais, nous voulons avant tout protéger la population. Et, ne pas la mettre en danger."
 

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