Florence Blanchard, pionnière du graff, de retour à Montpellier

Florence Blanchard, de retour à Montpellier pour repeindre le M.U.R de Pérols - 21 mars 2018 / © France 3 LR
Florence Blanchard, de retour à Montpellier pour repeindre le M.U.R de Pérols - 21 mars 2018 / © France 3 LR

Florence Blanchard, alias Ema, est l’une des premières femmes en France à faire du graffiti, dans les années 90. Connue mondialement dans le milieu, elle est aujourd’hui de retour à Montpellier, sa ville natale, pour repeindre le M.U.R de Pérols et présenter son exposition «Quick Exit». Portrait.

Par Joane Mériot

Florence Blanchard, connue sous le nom d’Ema dans le milieu du graff mondial, est née à la fin des années 70 à Montpellier. Pionnière en la matière, elle s’émancipe au fil du temps de la bombe pour devenir artiste peintre et sérigraphiste professionnelle.

Elle est de retour à Montpellier pour étaler son oeuvre sur le M.U.R de Pérols.

 

Des débuts au Verdanson


Florence Blanchard est considérée comme l’une des pionnières dans le monde du graffiti féminin. Quand elle se lance, elle n’a que 15 ans, ce sont les années 90 et en France très peu de femmes font du graff. A Montpellier, elle est la seule :

J’ai commencé à m’intéresser au graff lors d’un voyage en Allemagne, j’en ai vu sur les trains et j’ai trouvé ça curieux.


Coup du destin, quelques jours après, Florence trouve dans une photocopieuse à Montpellier, un magasine sur les graffitis. Elle s’y intéresse et commence à composer sur les murs de sa ville :

Ma première expérience de graffiti sur les murs, c’est sur les quais du Verdanson à Montpellier.


Puis sa passion grandit, elle graffe discrètement la nuit sur les trains de Montpellier, Barcelone etc…

Un univers inspiré par la science


Après avoir fait toute sa scolarité à Montpellier, Florence obtient une bourse pour aller étudier la science à New-York, un milieu qui la fascine aussi.

Des oeuvres inspirées par ses études en sciences moléculaires / © Florence Blanchard
Des oeuvres inspirées par ses études en sciences moléculaires / © Florence Blanchard


En parallèle de ses études, elle continue les graffiti sur les murs de la ville qui est désormais la sienne, New-York.
Puis pendant dix ans, Florence travaille en tant que chercheuse en biologie moléculaire. Une source d’inspiration pour elle :

J’ai passé 10 ans à regarder dans un microscope des spécimens scientifiques sur un fond noir, alors inconsciemment je le reproduis dans mes peintures.


Récemment, elle a fait une œuvre en collaboration avec l’université de sciences de Chefield, en Angleterre, là où elle vit depuis cinq ans.

Florence Blanchard a peint une oeuvre pour l'université de sciences de Sheffied, en Angleterre / © Florence Blanchard
Florence Blanchard a peint une oeuvre pour l'université de sciences de Sheffied, en Angleterre / © Florence Blanchard

Le tour du monde


Après avoir peint avec des légendes du graff et exposé dans le monde entier, comme à New-York, Londres, au Japon, en Chine etc…

Cette oeuvre, elle a été faite au Japon, sur la devanture d'un magasin de vêtement, il y a quelques années. / © Florence Blanchard
Cette oeuvre, elle a été faite au Japon, sur la devanture d'un magasin de vêtement, il y a quelques années. / © Florence Blanchard

Elle s’éloigne de ce mouvement.

Aujourd’hui du graffiti, comme à ses débuts, elle n’en fait plus sauf quand on lui demande, comme pour le M.U.R de Pérols.
Elle a troqué les bombes avec des crayons et des pinceaux. En même temps, son travail a changé et devient plus grand, plus coloré, plus abstrait.

Ses oeuvres, des formes géométriques symétriques, l'artiste se focalise sur la composition et les couleurs / © Florence Blanchard
Ses oeuvres, des formes géométriques symétriques, l'artiste se focalise sur la composition et les couleurs / © Florence Blanchard


Des projets ?  Florence est plutôt satisfaite de sa vie. Ce qu’elle aimerait faire. Peut-être des choses en volume comme de la sculpture.

Retour à la maison


Cette semaine, Florence est de retour dans sa ville natale avec une pointe de nostalgie :

Ça me rappelle quand j’étais jeune et que l’on passait la journée à peindre avec mes potes et qu’on allait à la plage ensuite. On était bien. Personne ne nous comprenait, on était vus comme des rebelles.


Si elle est là, c’est pour repeindre le fameux M.U.R de Pérols. L’artiste a dû peindre en 5 jours, une fresque de plus de 70 mètres de long.

Une fresque qui ressemble à ce qu’elle présente, à partir de ce vendredi 23 mars, à la galerie Runthings, dans le quartier Gambetta à Montpellier. Elle dévoile, à travers l’exposition "Quick Exit", une dizaine de peintures et de sérigraphies : "Je fais principalement de l’art abstrait, inspiré de mon parcours dans la science", précise-t-elle.

Une exposition à voir jusqu’au 23 mai.

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