"L'infertilité n'est pas une maladie honteuse". Montpellier va piloter un plan national de lutte

Le Professeur Hamamah du CHU de Montpellier pilote le plan national de la fertilité prévue par la nouvelle loi de bioéthique du 3 août 2021. Il est missionné par le ministère de la Santé pour trouver des solutions.

En France, comme partout ailleurs, les problèmes d’infertilité sont de plus en plus fréquents. On note, dans l’hexagone, une augmentation annuelle de cas infertiles, +0,4 % chez l’homme et +0,3 % chez la femme. Un couple sur six a besoin d’une aide médicale pour réaliser son projet parental. C’est sur ce constat que le Ministère de la Santé a lancé un plan national de la fertilité confié au Professeur Samir Hamamah, chef du service biologie de la reproduction du CHU de Montpellier. 

Répertorier les causes principales

Les causes sont très variées, qu’elles soient infectieuses, organiques ou environnementales. “On parle de perturbateurs endocriniens, on parle d'hygiène de vie, de mode de vie, de l'obésité, des effets toxiques du tabac ou de l’alcool. Aujourd’hui, votre santé reproductrice est le miroir de votre santé en général”, constate le Professeur.

Il faut lutter contre la perception que l’infertilité est une maladie honteuse. Or, c’est une maladie comme les autres. Il y a autant de malades infertiles que de malades diabétiques

Professeur Hamamah - pilote du plan national de la fertilité

Samir Hamamah a organisé un groupe d’une vingtaine de personnes, constitué de gynécologues, d’endocrinologues, d’administratifs, de personnes de la sphère associative, et même de philosophes.  Ils représentent toutes les spécialités pouvant répertorier les causes principales de l’infertilité et aider à la prise en charge des couples infertiles.

Ce groupe de travail va mener une centaine d’auditions en France et à l’étranger pour établir un état des lieux des pratiques actuelles, évaluer les principales évolutions et tendances en matière de comportements et d’attentes sur la conception”, précise Samir Hamamah.  Les premiers résultats de ces auditions vont permettre de proposer une série d’actions à mettre en place à court terme pour lutter contre les causes d’infertilité.

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Une fois les causes répertoriées et les pratiques existantes listées, “on va définir les objectifs du plan, et suggérer les actions spécifiques à proposer. Il faudra les argumenter et surtout bien les chiffrer, savoir combien ça coûte. On va donc devoir faire des priorités. Puis on sera amené à organiser une stratégie de recherche”, indique le Professeur Hamamah, qui rappelle que “la prise en charge du couple infertile, en France est de 100 %”. 

Les conclusions de ce plan national de lutte contre l’infertilité seront rendues fin 2021. D’ores et déjà, le groupe de travail s’oriente vers l’information et la prévention. “Il faut organiser des campagnes d’information, il faut mettre en place des consultations de prévention, diagnostiquer l’infertilité plus tôt en proposant aux couples un dépistage précoce”, précise le copilote du plan.


Ils comptent également “développer la recherche fondamentale sur l’infertilitéL'infertilité est considérée comme une maladie à part entière. Il faut la traiter comme telle”, ne cesse d’insister Samir Hamamah.

 

 

 

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