Montpellier : des boîtes solidaires pour lutter contre la précarité menstruelle

Environ 130.000 jeunes filles françaises manquent l’école chaque année car elles n'ont pas accès à ces protections pendant leurs règles, par manque de moyens - novembre 2019 / © MAXPPP - MANCEAU SERGE
Environ 130.000 jeunes filles françaises manquent l’école chaque année car elles n'ont pas accès à ces protections pendant leurs règles, par manque de moyens - novembre 2019 / © MAXPPP - MANCEAU SERGE

Mettre à disposition dans les lieux publics des protections hygiéniques gratuites, l’initiative a vu le jour dans plusieurs villes. A Montpellier, deux boîtes solidaires, remplies de serviettes et tampons, ont été installées à la fac. Le but : lutter contre la précarité menstruelle.
 

Par Joane Mériot

1 femme sur 10 touchée par la précarité menstruelle


En France, par manque d’argent principalement, une femme sur dix renoncerait à changer de protections périodiques aussi souvent que nécessaire, et 39% des plus précaires ne disposeraient pas de tampons ou de serviettes suffisantes.

Face à ce problème, elles sont beaucoup à bricoler des protections mettant ainsi leur santé en danger.


En octobre dernier une sénatrice, Patricia Schillinger, avait d’ailleurs remis un rapport à Marlène Schiappa, secrétaire d’état en charge de l’égalité hommes et femmes, dans lequel elle suggérait des pistes pour lutter contre ce qu’elle appelle un fléau. Parmi ces pistes, en premier lieu, la mise à disposition gratuite de protections menstruelles pour trois catégories de femmes : les sans-abris, les détenus, et les plus jeunes, les adolescentes et étudiantes.
 

A Montpellier, des boîtes menstruelles pour les étudiantes 


Alors pour lutter contre cette précarité menstruelle qui touche des millions de femmes, de nombreuses initiatives ont vu le jour. Dernièrement à Montpellier, Mélanie Jaoul, maîtresse de conférences en droit à Montpellier Management, a eu l’idée d’installer deux boîtes dans les toilettes de l’université remplies de serviettes hygiéniques et de tampons : 

J’ai toujours été sensible à la problématique de la précarité menstruelle, je suis engagée dans les luttes féminines, et je sais ce que c’est de devoir travailler et compter chaque centime. Et je me suis rendue compte que beaucoup de mes étudiantes vivaient de bourse et de petits boulots.
-  Mélanie Jaoul, maîtresse de conférences en droit à Montpellier Management 

 


Une idée simple et discrète.


L’idée de discrétion est importante, car devoir demander de l’aide  pour quelque chose d’aussi intime est toujours gênant, là les boîtes sont dans les toilettes, les filles se servent discrètement sans que personne ne les voient, pour des jeunes filles qui subissent la précarité c’est toujours difficile à vivre, ajoute Mélanie. 

 

Bientôt des boîtes solidaires dans tout Montpellier ?


C’est en tout cas ce qu’espèrent les membres de Solibox, une association solidaire qui s’est créée en juin dernier à Montpellier et dont le but est de lutter contre la précarité menstruelle. Mélanie Jaoul, s'est d'ailleurs rapprochée de cette association pour éventuellement distribuer les boîtes de Solibox, dans les institutions pour lesquelles elle travaille. 
 


"L’objectif de l’association est de mettre en place dans la ville de Montpellier, des boîtes à dons (dans la rues, les toilettes publiques, les pharmacies,...) pour produits d’hygiène intime (tampons, serviettes, cups,...). Ces boites seront placés de façon permanente, en libre-service : Tout le monde peut déposer des serviettes, tampons,...Et tout le monde peut se servir : si un jour tu es surprise par l’arrivée de tes règles et que tu n’as rien prévu, tu peux aller voir si tu trouves ton bonheur dans la boite, ajoutent les membres de l’association sur leur page Facebook."

Une cagnotte en ligne a même été créée pour aider à la fabrication de ces boîtes solidaires.
 


En France, de nombreuses initiatives de ce genre ont vu le jour ces derniers mois, à Rennes, Lille ou encore la Rochelle, et ont rapidement fait le tour des réseaux sociaux. Espérons que ces différentes actions aident à la prise de conscience de cette précarité menstruelle dans notre société, et pourquoi pas espérer la gratuité de ces protections de première nécessité pour les femmes.

 

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