Montpellier : des cas de harcèlements entre élèves dans une école privée inquiètent les parents

En 2019, 1 enfant sur 10 a été victime de harcèlement à l'école - janvier 2020 / © MAXPPP
En 2019, 1 enfant sur 10 a été victime de harcèlement à l'école - janvier 2020 / © MAXPPP

Des parents d'élèves ont fait état de plusieurs cas de harcèlement dans une école privée de Montpellier. Une maman dont le fils a été agressé et harcelé a accepté de témoigner.

Par Joane Mériot

En Octobre dernier, le fils de Laetitia, 8 ans scolarisé à l’école privée Sainte-Thérèse l’Assomption de Montpellier est agressé physiquement par quatre camarades de classe, eux aussi âgés de 8 ans.
Les faits se seraient déroulés à l’heure de la garderie entre 17h et 17h30. Ses camarades lui auraient maintenu la tête sous l’eau dans les toilettes de l’école jusqu’à ce qu’une enseignante intervienne.

Des mesures à l'égard des enfants trop légères, selon la maman 


Après cette agression, l’élève aurait subi un harcèlement :

Il a subi des pressions de la part de ses camarades, il y a eu des insultes, ils ont traité mon fils de cinglé à plusieurs reprises, nous dit Laëtitia, la maman du jeune garçon.

 
Cette maman dénonce alors ce que subit son fils à la direction de l’école. Les élèves passent en conseil de discipline au début du mois de décembre. Des mesures sont prises à l’encontre des enfants, mais celles-ci ne satisfont pas Laetitia, elle décide de retirer ses quatre enfants de cette école. En attendant qu'ils soient de nouveau scolarisés, ils suivent des cours à domicile  :

Au début la directrice nous a promis des mesures exceptionnelles, plus de surveillance au sein de l'école, des mesures de sécurité pour que cela n'arrive plus, nous y avons cru avec mon mari.
 

L'appel au rectorat 


Désemparée face à cette situation, elle informe le rectorat qui reconnaît le harcèlement et met en place un protocole de médiation et des mesures de précautions à l’égard de cet enfant. Mais dans cette affaire, le pouvoir du rectorat est limité puisqu'il s'agit d'un établissement privé, comme nous l'explique Alain Combes, le réferent harcèlement pour le département de l'Hérault

Nous ne sommes que des médiateurs, en tant que référent et nous n'avons à aucun moment l'autorité pour pouvoir imposer telles ou telles décisions que certaines familles voudraient voir prendre par les chefs d'établissements. Et s'agissant d'un établissement privé, l'autorité référente est le comité diocésain de l'enseignement catholique.

Nous avons contacté la direction diocésaine. Elle ne souhaite pas s'exprimer devant nos caméras. Mais au téléphone, elle nous explique "avoir pris les faits au sérieux et engagé des mesures adaptées à l’âge des enfants". Elle affirme également avoir porté plainte contre la maman pour des propos diffamatoires que celle-ci aurait diffusés sur les réseaux sociaux.

Dans cette école, d’autres parents d’élèves font état d’harcèlement sans que la direction ne réagisse. Néanmoins ces derniers n'ont pas voulu témoigner directement face à nos caméras.

Dans l'Hérault, 64 cas de harcèlement depuis septembre 2019 


Le référent harcéèlement du département de l'Hérault que nous avons rencontré insiste sur le fait que "pour la moindre suspicion de harcèlement sur un élève, il est nécessaire de le signaler que ce soit au directeur de l’école où par les divers canaux qui aujourd’hui existent comme le 3020, le numéro vert national d’aide aux victimes de harcèlement".

Il ajoute : "depuis le début de l’année dans l’Hérault, 86 dossiers ont été traité. Sur ces 86 dossiers, 64 ont été défini par le Rectorat comme étant des cas de harcèlement. Pour ces cas, des mesures ont été prises à l’égard de chaque élève".
 

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