"Ô la belle vie" s'intéresse à l'histoire de la médecine à Montpellier

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Depuis le Moyen-Âge, la ville de Montpellier est associée à l'idée de médecine. Une histoire de 800 ans, forte, solide et un dynamisme constant, valent à la ville une renommée internationale dans le domaine de la santé.

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La médecine à Montpellier est une longue histoire que Sophie Jovillard nous propose de découvrir dans "Ô la belle vie". Une façon de voir l’univers médical autrement, avec ses facettes scientifiques, mais aussi humaines et artistiques. Gérald Chanques, anesthésiste réanimateur, passionné de médecine, d’art et d’histoire, se considère comme un héritier de ses prédécesseurs montpelliérains. Il accepte d’être notre guide, tout au long de notre périple.   

Montpellier, berceau de l’enseignement de la médecine occidentale  

Au Moyen-Âge, tandis que l’an 1220 voit poindre l’apparition des premières universités en France et en Europe, Montpellier, ville nouvelle, a le vent en poupe. Sa position géographique, à deux pas de la Méditerranée et en plein carrefour commercial, la rend particulièrement attrayante. Tout autour de la ville, la garrigue, écosystème propice au développement des plantes sauvages et médicinales, fait de la cité, un temple de biodiversité avant de devenir, un lieu de parfumerie et de pharmacie. Tandis qu’une communauté médicale s’affaire déjà dans la ville, les seigneurs de Montpellier, les Guilhem, particulièrement éduqués, sont très ouverts aux échanges.

Connaissance, symbiose, ouverture, sont autant d'éléments essentiels au développement du domaine scientifique médical dans la cité.  

Aujourd’hui, si Montpellier est une ville où il fait bon vivre, elle est également un haut-lieu de savoirs, de recherche et d’innovation. Et elle abrite la plus ancienne université de médecine du monde occidental. De Rabelais, à Rondelet en passant par Nostradamus, des générations d'érudits y ont construit et transmis, au fil des siècles, des montagnes de savoirs.  

La plus ancienne université de médecine

Lorsque la papauté, autorité politique et religieuse de l’époque, officialise le concept d’université en Europe en 1220 (l’universitas médicorum), elle met en place un ensemble de règles pour un ensemble d’individus. Toutefois, il n’est pas encore question de bâtiments : "C’est un concept juridique" explique Gérald Chanques à Sophie, "l’étudiant devient un usager du système, protégé par la loi et par la charte de fondation de l’université",

Les étudiants font partie du clergé. Ils apprennent au domicile des maîtres ou dans les salles de l’Evêché. Ils vont au chevet des patients et officient dans l’église. C'est après la révolution, que la faculté montpelliéraine s’installe dans les anciens bâtiments historiques, aujourd’hui classés, et situés à côté de la cathédrale.

Sophie et le médecin anesthésiste, se rendent dans l'établissement.

Dans une des salles, un jury se prépare pour une soutenance de thèse. Tous se vêtissent de la robe traditionnelle de cérémonie : la toge universitaire. De couleur noire en référence au clergé d’époque, recouverte d’une épitoge dont la couleur varie selon la spécialité : groseille pour la médecine, ornée de bandes de fourrure blanche, d’une ceinture et d’un rabat blanc.

A côté, dans la salle des actes, une jeune femme, vêtue de la fameuse cape de Rabelais, présente sa thèse et prête serment sous la statue d’Hippocrate, éminent médecin et philosophe de la Grèce antique, considéré comme le père de la médecine et dont les symboles sont très présents à Montpellier.  

Construit au XVIème siècle pour abriter un collège bénédictin, l’immense bâtiment historique contient aujourd’hui de nombreux trésors. De précieux savoirs qui n’auraient pas pu voir le jour sans la contribution de nombreux artistes, notamment, les dessinateurs, sculpteurs et plasticiens.  

L'anatomie, discipline médicale et artistique

Avant le développement de l’imagerie médicale, il était indispensable pour un praticien de savoir cartographier et documenter le corps. Dans l’histoire de la médecine, l’art est très présent, et indissociable de la discipline médicale. Les artistes,  dessinateurs, sculpteurs, ont largement contribué à la compréhension du corps humain, en réalisant des supports de toutes sortes "L’anatomie est une discipline qui est enseigné en détail dans l’école des beaux-arts et dans l’école de médecine" raconte Gérald Chanques à Sophie.

Dans le cabinet de curiosité de la faculté, trônent de véritables œuvres d’art, comme « l’écorché », une figure classique de l’époque renaissance représentant un homme, débout, muscles apparents.   

Des travaux anciens, certes, mais aussi actuels, nous emmènent à la rencontre d’une artiste contemporaine : Isabelle Doblas-Coutaud, danseuse, sculptrice et céramiste, dont le travail s’inspire de l’exploration du corps humain.  

De l'art au jardin botanique

A deux pas de la faculté, se trouve le jardin botanique de Montpellier. Fondé par Henri IV en 1593, il est le premier jardin royal de France, avant de devenir l’un des principaux centres de recherches et d’enseignement de botanique française. Faisant partie de la faculté et classé aux monuments historiques, il abrite 3500 espèces pour une superficie de 4.5 ha. Ce cœur de verdure et conservatoire d’espèces végétales, ravit les étudiants et étudiantes ainsi que les citadins montpelliérains.  

Sophie et Gérald ont rendez-vous avec Cédric Matet, photographe et membre du collectif "les Métamorphées". Tous se retrouvent auprès du célèbre arbre filaire, un cousin de l’olivier et l'un des plus vieux arbres du jardin, qui, avec son tronc aux cavités creusées, sert de confident ou de boite aux lettres pour les amoureux.

Aujourd’hui, l’artiste photographe travaille sur un projet artistique en collaboration avec Gérald Chanques "l’idée est de faire dialoguer ce patrimoine vivant que sont les plantes, en les associant avec les pièces anatomiques du conservatoire, dans le but de leur donner une histoire, leur faire voir la lumière et renouveler le patrimoine" raconte Cédric Matet à Sophie.    

Innovation : le robot chirurgien de Quantum Surgical  

Bertin Nahum est un brillant entrepreneur, ingénieur en robotique, il est le fondateur de Quantum Surgical, une start-up montpelliéraine qui compte près de 80 collaborateurs. Surnommé le "Steve Jobs de la robotique chirurgicale", lui et son équipe ont mis au point un bras robotisé capable d’assister le chirugien dans le cadre d’une opération du foie "Notre robot Epione est utilisé pour traiter les patients souffrant d’un cancer du foie. C’est un outil qui propose un type de soin mini-invasif qui permet au patient de se faire traiter le matin et rentrer chez lui le soir" Sophie assiste à une démonstration dans le show-room.  

Avec Epione, on est dans la robotique d’assistance et non pas de remplacement du praticien.

Bertin Nahum, fondateur de Quantum Surgical

Des avancées spectaculaires qui n’échappent pas à la cité montpelliéraine.

Depuis 2017, la faculté de médecine s’est installée dans des bâtiments ultra modernes. L’ébullition étudiante se poursuit, le progrès aussi, au plus près des innovations technologiques prometteuses pour la médecine et son avenir.    

"Ô la belle vie": la médecine à Montpellier, tout un art
Emission présentée par Sophie Jovillard. Réalisé par Laurent Desvaux. Une coproduction France 3 Occitanie/Grand Angle Productions.

Diffusion le dimanche 30 janvier 2022, à 12h55

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