Près de Montpellier, la restauration d'une contrebasse de 1830

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Écrit par Armelle Goyon

A Claret, dans l'Hérault, Marius Teyssier, 23 ans, a installé son atelier de luthier où il restaure une contrebasse de 1830. Une volonté de la commune de redynamiser l'activité du village.

Marius s 'est installé comme luthier dans cet atelier de Claret, près de Montpellier, depuis le mois de juin. Un luthier c’est un facteur d’instruments. C'est à dire qu’il fabrique et répare des instruments à cordes. Marius, 23 ans, a choisi les instruments du quatuor : contrebasse, violoncelle, alto et violon. Certains se spécialisent dans les autres instruments à cordes en bois, comme les guitares, les basses, les mandolines. La passion du jeune luthier s'est tournée vers les contrebasses. Il restaure en ce moment un objet rare, un instrument du 19ème siecle, une contrebasse datant de 1830.

Un objet rare

" On peut apprécier sur cette contrebasse, notamment la qualité du bois qui a été choisi. Les bois en lutherie, c'est de l'érable et de l'épicéa, " explique Marius. " Cette contrebasse est tombée sur le côté. J'ai enlevé la table, le dessus de la contrebasse. J'ai remis les éclisses à plats, ce sont des plaques de bois minces dont on fait les parois latérales des instruments à cordes. Et j'ai mis des taquets pour la consolider, c'est comme des pansements en fait. C'est des petits bouts d'épicéa qui sont perpendiculaires au fil du bois et qui servent de pansements. "  

Ce  jour-la , dans son atelier situé près de la Halle du Verre, le jeune homme doit vernir une partie du manche de la contrebasse, il essaie de retrouver la couleur du bois, vieux de 180 ans, à la lumiere du jour. 

" On essaie de toucher le moins possible le bois, le vernis, pour faire en sorte que l'instrument reste dans son entièreté. Typiquement, lorsque l'on doit faire des retouches de vernis, il faut que cela soit le plus invisible possible, " confie le jeune expert.

Retour au pays 

Marius a vécu à  Claret jusqu'à ses 16 ans. En classe de 4ème, il avait fait un stage chez Pierre Cégèle, un luthier de  Claret, il a alors  découvert sa vocation. Il a ensuite commencé par suivre une formation en ébénisterie, avant d’intégrer l’école nationale de lutherie de Mirecourt dans laquelle il est resté 3 ans. C'est là qu'il a rencontré son mentor, Patrick Charton, un luthier reconnu mondialement qui exerçait son art dans un atelier à Saint-Etienne. Mais c'est dans son village de Claret qu'il a choisit de poser ses bagages. 

" L'idée générale, c'était  d'ouvrir un atelier de lutherie et c'était assez logique pour moi de revenir sur mes terres natales , " confie-t-il. 

Ici,  la municipalité a facilité son installation. Elle a mis à sa dispostion un local à très petit prix.  Pour le maire, c'est une volonte de redynamiser l 'attractivité du village. 

" Si on ne veut pas se retrouver à être un simple satellite de la métropole de Montepllier,  il faut que nous ayons des activités. Et ces activités, c'est la vigne et le vin, c'est les verriers de Claret, c'est les artisans d'art dont fait partie Marius, " explique Philippe Tourrier, maire de Claret.

Il reste 2 mois de travail à Marius pour  restaurer cette contrebasse unique en son genre, elle appartient à un musicien d'un orchestre baroque. Marius espère que le bouche-à- oreille et sa passion lui permettront de développer au mieux son activité  à Claret.