REPORTAGE. "On essaie de ne pas se laisser déborder", ces petits villages qui doivent s'adapter face à la hausse du nombre d'habitants

Dans la vallée de l’Hérault, une hausse d'environ 1000 habitants est comptabilisée chaque année. Souvent des citadins poussés hors de Montpellier par la pression foncière. Un double enjeu pour les communes : adapter leurs structures et garder l’âme de leurs villages.

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C’est le même rituel tous les matins pour la famille Beyoux. "Je dépose mon fils au centre aéré. Mon mari dépose ma fille à Gignac pour qu'elle prenne le bus pour qu'elle aille au lycée, et on se retrouve tous les deux au travail", raconte Angie, la mère de la famille.

Sa famille s'est installée depuis trois ans au Pouget, dans l'Hérault. Le couple tient un kebab à Montpellier, à une quarantaine de kilomètres de là. Le couple passe chaque jour près de deux heures dans sa voiture.

Impossible, disent-ils, d'habiter plus près de leur lieu de travail en raison du coût des loyers. "Personne ne nous a fait confiance [pour habiter à Montpellier, NLDR]. Je suis salariée de l'entreprise de mon conjoint. Si l'entreprise tombe, on a plus de revenus tous les deux", raconte Angie. 

C'est donc dans cette commune de plus de 2 000 habitants en 2020, selon l'Insee, que la famille a pu s'installer. "Je perds beaucoup de temps dans ma voiture, mais après, on est bien le soir, le week-end ici. Ça vaut le coup", se réjouit Angie Beyoux. 

Chaque année, la vallée de l'Hérault gagne environ 1000 habitants. Des hausses qui ont des conséquences pour les communes concernées. 

Dans le centre aéré du Pouget, les enfants n'ont jamais été aussi nombreux. "Le centre de loisirs est un peu petit par rapport aux demandes que l'on enregistre, reconnaît le maire de la commune, Thibaut Barral. Je ne pense pas que l'on grandit trop vite, mais on grandit, c'est le sens de l'histoire. On essaie de ne pas se laisser déborder". 

Pour maîtriser cette explosion démographique, le maire souhaite aussi favoriser le développement d'activités dans son village natal. Une boulangerie a par exemple vu le jour dans la commune il y a un an. "On pourrait tomber dans le mauvais scénario, celui où les gens viennent au Pouget parce que c'est moins cher et c'est pratique, sans échange, sans implication dans la vie locale. C'est important d'avoir des boulangeries, un café...".

Faire perdurer les traditions de la commune

Mais c'est aussi à travers l'animation du village que la commune souhaite faire perdurer son identité. Angie Beyoux participe à la préparation du traditionnel carnaval de la commune, le Corso-Fleury, qui se déroule ce dimanche 3 mars. 

En préparant les chars du défilé, anciens et nouveaux habitants se racontent l'histoire de la commune. "Il y a des anciens qui arrêtent, et les jeunes, c'est bien qu'ils y soient", estime cet habitant. "C'est ça qui est bien, qu'il y ait des jeunes et des anciens qui perpétuent la tradition ensemble", juge aussi cet autre en pleine préparation du carnaval.

Reportage d'Émilien David et Nicolas Chatail