Surpêche : une plainte déposée contre six chalutiers et la criée d'Agde pour vente illégale de merlus juvéniles

L'association France Nature Environnement Languedoc-Roussillon annonce lundi 10 mai avoir déposé plainte contre six chalutiers et la criée d'Agde (Hérault) pour avoir vendu des très petits merlus (entre 10 et 12 centimètres) à des grossistes espagnols malgré la législation. 

La plainte déposée par France Nature Environnement Languedoc Roussillon vise six chalutiers et la crié d'Agde dans l'Hérault.
La plainte déposée par France Nature Environnement Languedoc Roussillon vise six chalutiers et la crié d'Agde dans l'Hérault. © Gérard Houin - MaxPPP

Des merlus juvéniles mesurant entre 10 et 12 centimètres. Des poissons interdits à la vente. Pourtant, selon France Nature Environnement Languedoc-Roussillon, "six chalutiers ainsi que la criée d’Agdeen parfaite méconnaissance de cette règle", ont vendu en novembre 2020 "à des grossistes espagnols" ces très petits merlus, comme la photo ci-dessous, Un constat effectué lors d'un contrôle de la gendarmerie maritime qui a verbalisé les pêcheurs et les vendeurs. Pour sa part, FNE LR a décidé de déposer plainte. 

Un merlu juvénile.
Un merlu juvénile. © inaturalist

En saisisant la justice, l'association environnementaliste n'espère pas de lourdes condamnations, mais souhaite avant tout alerter sur "l'effondrement de l'écosystème marin du Golfe du Lion dans les dix à vingt dernières années". 

Ce profond bouleversement est encore mal compris et multifactoriel. Néanmoins, dans le cas du merlu, la pêche est très clairement identifiée comme le facteur de pression à réduire d'urgence. Pour décourager la pêche des juvéniles, ces poissons ne doivent pas pouvoir être vendus sur le marché, même en cas de prises accidentelles. Les criées, en particulier, doivent les refuser.

Communiqué de presse de FNE LR, 10 mai 2021

Des fraudes en défaveur des pêcheurs

Pour Simon Popy, président de FNE LR, "les actes de triche sur la vente de merlu ne sont pas en faveur de la crédibilité des pêcheurs lorsqu'ils réclament moins de contraintes et de surveillance. Ils sont pourtant les premiers intéressés par la préservation de la ressource. Cet exemple montre également que sans contrôles et sans sanctions, les règles sont inopérantes. C'est pourquoi nous portons plainte."

Depuis la "crise du poisson bleu" des années 2000, qui a vu l'effondrement des prises d'anchois, sardines et maquereaux en Méditerranée française, la pression de la pêche s'est fortement reportée sur le merlu, poisson de fond. Selon l'association, le merlu est une espèce surexploitée dont la population s'effondre en Méditerranée. Elle souhaite désormais "de mesures de protection drastiques pour espérer restaurer sa population."

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