Coronavirus : à Sète, les marins confinés à bord des bateaux rongent leur frein

La crise du coronavirus bouleverse la vie des marins internationaux. Beaucoup se retrouvent coincés sur des navires sans pouvoir rentrer chez eux, ni même pouvoir descendre à terre. A Sète, l’association Seamen's club a dû modifier sa façon de travailler pour leur apporter son soutien.
 

Photo d'illustration.
Photo d'illustration. © Pascal GUYOT / AFP
En temps normal, un marin travaille quelques mois sur un navire, puis rentre chez lui, tandis qu’un autre marin prend la relève. Un système complètement chamboulé aujourd’hui par la pandémie. A cause du coronavirus, des dizaines de milliers de marins sont actuellement coincés en mer, attendant de pouvoir rentrer chez eux.  

Certains d’entre eux prennent leur mal en patience dans le port de Sète, comme l’équipage philippin du Desert Spring, bateau céréalier arrivé dans l’Hérault il y a quelques jours. Parmi cet équipage, des hommes qui sont à bord depuis dix mois. En cause notamment : la fermeture des frontières en vigueur dans de nombreux pays, qui empêche la rotation habituelle. Les marins dont le contrat est terminé depuis longtemps ne peuvent rentrer chez eux, et ceux dont le contrat aurait dû commencer ne peuvent venir les remplacer.

"Dans le monde, actuellement, il y a 200.000 marins à bord d’un bateau qui ont dépassé leur temps de travail contractuel", souligne Hélène Sheffer, présidente du Seamen's club de Sète.
 

Détresse psychologique


D'ordinaire, cette organisation internationale reçoit les marins de passage dans ses locaux. Elle leur offre des services et les transportent dans la ville pour qu’ils profitent de leur repos. Mais ces temps-ci, les marins n’ont même plus le droit de mettre pied à terre : leur employeur le leur interdit, pour éviter toute contamination. "C’est lourd pour eux parce qu’ils vivent encore plus confinés que ce qu’ils vivent confinés habituellement", fait remarquer Jean-Luc Bazin, salarié du Seamen's club de Sète.

Alors l'association vient désormais dans les navires pour assurer le minimum vital aux hommes qui s’y trouvent, se chargeant par exemple des courses de première nécessité.

Pour les marins, la crise sanitaire est aussi psychologique. Eprouvés par un confinement interminable, inquiets de le voir encore se prolonger, beaucoup ont lancé des appels à l’aide. Leur situation a parfois eu des conséquences tragiques : ces derniers mois, plusieurs bateaux ont fait état de suicides à bord.
 
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