Inondations dans le Sud-Ouest : après les crues, de gros travaux à prévoir

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Dans les Hautes-Pyrénées, après la crue historique de l'Adour la semaine dernière, le lit du fleuve s’est déplacé et de nombreuses infrastructures ont souffert. Dans le Tarn-et-Garonne, à Castelsarrasin, une digue de la Garonne a cédé. L'heure est au chiffrage des travaux.

Une semaine jour pour jour après les inondations dans notre région et la crue historique de la Garonne, l'heure est au bilan des dégâts. Plusieurs communes ont été touchées en Haute-Garonne, dans le Tarn-et-Garonne, dans le Gers, en Ariège mais aussi dans les Hautes-Pyrénées. Des travaux importants vont devoir être réalisés. Voici quelques exemples. 

Une digue à réparer en urgence à Castelsarrasin

Dans certains départements, comme dans le Tarn-et-Garonne, les stigmates de ces crues sont encore visibles. 

A Castelsarrasin, par exemple, deux quartiers ont particulièrement été touchés, celui du Bénis et de Rivière basse. Des maisons ont totalement été envahies par les eaux. 

La commune a demandé la reconnaissance d'état de catastrophe naturelle pour permettre une meilleure indemnisation des personnes touchées par ces inondations.

Sur cette commune, une digue de terre de 4 mètres, mal entretenue selon ses riverains, a été éventrée lors de la crue du lundi 10 janvier.

" On a jamais eu une goutte d'eau autour de la maison. Notamment en 2000, alors que la crue était plus importante. Mais la digue ayant lâché, ça a tiré tout droit chez moi. Quand je suis arrivée chez moi à 20h30 que j'ai vu l'eau sur la route, je me suis dit c'est bon, j'y ai droit. La maison est dans l'eau ! " a expliqué un sinistré à nos confrères de la radio Totem. 

Qui va payer ? 

Hugues Samain, maire de Labourgade et vice-président de la communauté de communes Terre des Confluences confirme que cette digue va devoir bénéficier de travaux de toute urgence avant une éventuelle nouvelle crue.

La commune va faire intervenir une pelle mécanique pour sécuriser les habitations et reboucher les trous de cette digue au plus vite mais les élus locaux espèrent que l'Etat viendra soutenir financièrement ce chantier.

En effet cette digue protège tout Castelsarrasin, la question financière de son entretien au long terme et de sa sécurisation se pose désormais. Or pour le moment, c'est le flou juridique autour du financement de ces travaux. 

L'Adour très fortement impacté

Dans les Hautes-Pyrénées, l'heure est aussi au chiffrage. L'Adour a connu une nouvelle crue historique en un mois, les dégâts sont considérables. 

Cette crue de l'Adour a fait de très gros dégâts matériels mais heureusement il n'y a eu aucun blessé, ni aucune maison inondée. C'est l'essentiel. Maintenant les infrastructures, les rives, les routes ont beaucoup souffert. On dresse en ce moment un état des lieux des dégâts.

Frédéric Ré, président du syndicat mixte Adour amont

Cette crue de l'Adour a en effet fait de très gros dégâts sur les ouvrages d'art et les infrastructures. Pour le moment, les équipes réalisent des diagnostics pour prioriser les urgences.

A Tarbes, par exemple, le lit de l’Adour est passé par-dessus le Caminadour. Le flux ayant dévié, l'Adour englobe désormais sur 200 mètres l'autre rivière. Berges fragilisées, enrochements emportés, des travaux importants sont à prévoir pour que le fleuve retrouve son lit initial. 

Ce qu'il faut bien comprendre c'est que nous venons de connaître deux crues exceptionnelles successives à un mois d'intervalle. C'est du jamais vu ! On n'avait pas fini de réparer les précédents dégâts que cela s'accumule.

Frédéric Ré, président du syndicat mixte Adour-Amont

Un pilier d'un pont à Marsac dans les Hautes-Pyrénées, par exemple,  a été fortement fragilisé et nécessite des travaux en urgence.

" Notre priorité est de protéger les populations. Des ponts ont souffert, des digues ont lâchés, comme à Maubourguet au nord de Tarbes. Si nous revivons une crue, ce sera une catastrophe. Donc nous allons prioriser et intervenir au plus vite.", explique Frédéric Ré en charge du syndicat mixte Adour amont. 

Entre 500 000 et un million d'euros de travaux

 " Oui les travaux seront lourds, et tout ne pourra pas se faire en même temps. Pour l’heure nos techniciens sont à l’ouvrage pour imaginer des solutions. Mais il nous faudra un an au moins pour tout réparer. Le budget pourrait atteindre entre les 500 000 et un million d'euro ", explique Frédéric Ré. 

Mais il faut aller vite avant qu’un nouvel événement climatique ne survienne. « On est déjà à l’œuvre en amont de Tarbes. Des seuils ont été emportés, on va voir ce que l’on peut faire. Beaucoup d’endroits sont fragilisés, notamment à Tarbes, il y a des travaux d’urgence à réaliser  », conclut Frédéric Ré.