La coopérative ferroviaire du Lot Railcoop sur les rails pour la réouverture de la ligne Bordeaux-Lyon

Créée en 2019, la coopérative lotoise Railcoop est sur le point de remporter son pari de relancer la ligne voyageurs entre Bordeaux et Lyon. Elle vient en effet d'atteindre - et même de dépasser - le seuil minimum d'1,5 millions d'euros de capital fixé par l'Etat pour devenir opérateur privé.

Le logo de Railcoop, coopérative ferroviaire qui compte désormais plus de 7 000 sociétaires.
Le logo de Railcoop, coopérative ferroviaire qui compte désormais plus de 7 000 sociétaires. © FTV

Et si le "doux rêve" était en train de devenir réalité ? La trajectoire actuelle de Railcoop en tout cas semble en attester.

L'idée - un peu folle, il est vrai, sur le papier - est née de la rencontre entre des usagers, des acteurs du transition écologique et du monde coopératif. Elle se concrétise en 2019, à la salle des fêtes de Cajarc, dans le Lot. Railcoop est né, dont le siège est aujourd'hui à Cambes, près de Figeac.

L'idée donc est de remettre en service une ligne ferroviaire voyageurs abandonnée par la SNCF, la ligne Bordeaux-Lyon, transversale jugée non rentable. Ce n'est pas l'avis de Railcoop qui entreprend des études de marché et se convainc de l'utilité d'une remise en service. D'autant que la ligne desservira les petites gares, garant de la cohérence des territoires éloignés des métropoles.

Le Lot, une évidence

Alors, pourquoi cette implantation dans le Lot ? Le département a été le théâtre de luttes importantes pour le maintien des petites lignes, des petites gares et des trains de nuit, les associations d'usagers obtenant à la force du poignet quelques succès.

Nicolas Debaisieux explique : "On habite un territoire, le Lot, dans lequel il y a des infrastructures ferroviaires mais en fait, le service ne nous permet pas vraiment de les utiliser comme on le souhaiterait. Il y a eu l'ouverture du marché ferroviaire en 2019 et on a pris un pariqui était au début peut-être un peu fou de se dire : "Pourquoi, nous, on ne se saisirait pas du sujet, pourquoi on ne monterait pas notre propre entreprise ferroviaire, qui corresponde à nos valeurs".

Il faut croire qu'ils ont raison puisque d'une poignée de sociétaires fin 2019, ils sont désormais plus de 7 000, et pas seulement des usagers français puisque 22 pays sont représentés. Plusieurs collectivités françaises, dont des régions, soutiennent le projet financièrement.

"Les gens prennent bien conscience que le train est un élément indispensable de la transition écologique", poursuit Nicolas Debaisieux, "et finalement, c'est un élément assez facile à mettre en place puisque l'infrastructure existe".

On n'est pas là dans une rupture technologique, on n'est pas dans une innovation où on promet de révolutionner le monde de demain, on est juste en train de dire qu'on a un patrimoine qui est considérable, utilisons-le pour la transition qui est en cours.

Nicolas Debaisieux, directeur général de Railcoop

Il y avait pourtant un écueil de taille. Atteindre le 1,5 millions d'euros de capital, condition fixée par l'Etat pour pouvoir prétendre faire rouler des trains. Et c'est désormais chose faite, puisque la somme récoltée dépasse ce seuil. Railcoop devrait donc déposer très prochainement son dossier auprès de l'autorité de régulation des transports. Son objectif ? Rouvrir la ligne Bordeaux-Lyon en 2022.

Le Fret aussi

Mais avant cela, Railcoop, qui ne manque pas d'idées, se lance aussi dans une expérimentation de fret : une ligne entre Viviez-Decazeville, Capdenac jusqu'au hub logistique de Toulouse-Saint-Jory. Le but ? Délester de la route plusieurs dizaines des quelques 700 camions qui empruntent cet axe quotidiennement.

Dans son calendrier, Railcoop prévoit l'ouverture de cette ligne fret en octobre 2021 et celle de la ligne voyageurs Bordeaux-Lyon en 2022. En attendant, il faut trouver des locomotives, des rames et des conducteurs mais négociations et recrutements sont en bonne voie, assure la coopérative lotoise. "Plus on avance, plus le projet se crédibilise et devient de plus en plus solide. On franchit vraiment les étapes palier par palier, ça prend du temps mais en tout cas, on est dans la bonne direction", déclare Nicolas Debaisieux.

 

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