#Metoo politique : des élues d'Occitanie signent la tribune pour dénoncer l'accès des hommes politiques impliqués dans des scandales sexuels aux élections

Parue dans les pages du Monde ce lundi 15 novembre, une tribune appelle à la prise de conscience des violences sexuelles et sexistes dans le milieu politique. Parmi les 285 femmes signataires, se trouvent une dizaine d'élues occitanes.

"Les agresseurs sexuels n'ont pas leur place aux élections de 2022", tel est l'enjeu de la tribune portée par 285 femmes issues du milieu politique, parue ce lundi 15 novembre. Parmi elles, des élues de la mairie de Montpellier, de la métropole et des coordinatrices politiques.

Caroline Antonio, 1ere adjointe et responsable du collectif Elles Aussi, dans le Tarn, témoigne : " Lors de la dernière campagne, une tête de liste femme tractait sur un marché et un autre candidat est venu la voir et lui a dit : "Ca te plait de faire la pute sur le marché"

La tolérance n'est plus d'actualité quant à ce genre de propos. L'objectif des signataires est de faire bouger les choses concrètement avant de réitérer le schéma avant la Présidentielle d'avril 2022.

Trois candidats potentiels à la présidence épinglés

"Qu'est devenue la grande cause du quinquennat ?" La question soulevée par la tribune est éloquente. Trois hommes déjà cités dans des affaires d'agressions sexuelles, sont sur la liste des probables candidats pour la Présidentielle de 2022 : Eric Zemmour, François Asselineau et Jean Lassalle.

Les lois pour la lutte contre les violences faites aux femmes ne peuvent pas être votées par des élus condamnés pour des faits de violences sexistes ou sexuelles

Coralie Mantion, Vice-présidente de la Métropole de Montpellier

Fatma Nakib, élue écologiste à la mairie de Montpellier depuis mai 2020, en charge de l'égalité et du droit des femmes, a signé la pétition : "La fameuse question de ce monsieur Z, il a quand même eu des plaintes contre lui. Il a des propos calamiteux à l'encontre des femmes et on le laisse parler, sauf qu'aujourd'hui ce n'est plus admissible."

D'ici quelques mois, il s'agira d'élire la personne à la tête de notre pays mais aussi les membres de l'Assemblée nationale. La tribune l'indique : "Aujourd'hui, parmi les 577 député.es, certains sont des auteurs de violences sexistes et sexuelles."

Demander l'engagement des partis

Cette tribune se traduit par une pétition lancée par cinq femmes , élues et journalistes qui côtoient de près le milieu politique masculin où l'omerta sur les violences sexuelles règne. 

Trois choses sont demandées par les 285 femmes et les autrices de la pétition : "L'engagement des partis à n'investir aucune personne mise en cause pour violences sexistes ou sexuelles, l'engagement des personnes habilitées à parrainer à ne donner aucun parrainage à une personne mise en cause pour violences sexistes ou sexuelles, l'engagement des partis à ne pas embaucher une personne mise en cause pour violences sexistes ou sexuelles."

Ne pas victimiser, mais écouter et prévenir

"Nous exhortons les appareils politiques à écouter les victimes et à faire œuvre de prévention" clame la tribune. Coralie Mantion, vice-présidente à l'aménagement durable du territoire de la métropole de Montpellier, confirme : " On connait la difficulté que c'est de témoigner. Peu de femmes osent, seuls 12% des victimes de viol portent plaintes. Jeter le doute envers ces déclarations est très injuste car ces femmes sont courageuses."

La base, c'est d'entendre ce qu'on dit : un homme accusé d'harcèlement sexuel ne doit pas se présenter à la magistrature suprême, et de mon point de vue, tous les partis doivent faire le ménage chez eux.

Fatma Nakib

Rétablir une ambiance de travail sereine

L'une des autres revendications de la tribune est que les formations politiques "prennent leurs responsabilités pour garantir une ambiance de travail sereine [...] un fonctionnement apaisé de la démocratie."

Sur ce point-là, la mairie de Montpellier semble déjà cocher les cases : "Michaël Delafosse est vent debout contre ce genre de propos sexistes, il n'a aucun humour là-dessus donc ça ne m'est jamais arrivé dans le cadre de mes fonctions" raconte Fatma Nakib.

Quant à la Métropole, des phrases misogynes sont encore entendues : "Il peut y avoir des remarques d'un autre temps, un peu déplacées. Alors on recadre les personnes mais c'est vrai que cela reste ponctuel et il n'y a pas de violences physiques" précise Coralie Mantion.

Selon Leïla Kennouda, coordinatrice pour Génération.s dans le lot, ce n'est pas le cas : "Dans mes fonctions, des hommes avec une certaine assurance et assise importante cherchent à m'invisibiliser. Ce que peuvent subir les femmes dans leurs missions est totalement banalisé."

L'appel à la mobilisation 

Le site Metoo politique, né avec à la tribune, appelle à faire bouger les choses. Un formulaire y est présent pour l'engagement des partis politiques. Les élus et collaborateurs peuvent s'engager à respecter la charte en quelques clics seulement. Il suffit d'un nom, d'un mail et d'indiquer son parti politique.

Ce réveil des consciences est un petit pas en plus dans la lutte. C'est à nous tous et toutes de se saisir de ce pas pour faire bouger les choses

Leïla Kennouda, coordinatrice pour Générations dans le lot

Les collaboratrices politiques se réuniront le 20 novembre prochain partout en France avec le collectif Nous Toutes. A ce jour, près de 500 femmes ont ajouté leur signature à celle des élues.

Elles entendent faire résonner leur appel à changer un milieu politique où, selon elles, le pouvoir est aujourd'hui synonyme de patriarcat et de domination sexuelle.

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