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Nîmes : des lapins en zone militaire au camp des Garrigues

40 lapins de garenne (30 femelles et 10 mâles) ont été relâchés en septembre 2015 au camp des Garrigues de Nîmes. / © DR
40 lapins de garenne (30 femelles et 10 mâles) ont été relâchés en septembre 2015 au camp des Garrigues de Nîmes. / © DR

Les lapins avaient déserté le camp militaire gardois des Garrigues. Les naturalistes viennent d'en réintroduire en espérant le retour de l'aigle de Bonelli. C'est l'un des projets de "life défense nature 2000" détaillés en BD, au sein de quatre terrains militaires du Sud-Est.

Par Sylvie Bonnet


Dans le Gard, les lapins avaient déserté le camp nîmois des Garrigues. Après reconstruction de zones de refuge et de reproduction, les naturalistes viennent d'en réintroduire une quarantaine en espérant reconstituer une chaîne alimentaire. En effet, les rares aigles de Bonelli du Gardon sont friands des lapins et pourraient ainsi repeupler la zone.

La protection des aigles de Bonelli du camp des garrigues en images dans la BD qui vient de paraître. / © mission Orchis militaris
La protection des aigles de Bonelli du camp des garrigues en images dans la BD qui vient de paraître. / © mission Orchis militaris

Pour mener cette action à bien, les défenseurs de la nature ont dû s'entendre avec les militaires et se plier à leurs règles en termes d'accès. Quant aux chasseurs, seuls autorisés sur la zone en période de battue aux sangliers, ils ne pourront pas y tirer le lapin avant trois ans.

Le Gard département pilote

Le camp des Garrigues, à Nîmes, fait partie des projets pilotes qui impliquent plusieurs zones militaires dans le Sud-Est de la France. Tout est parti d'un constat simple : les terrains militaires, d'accès réglementé, ont échappé à l'urbanisation, à certains modes d'agriculture intensive et à l'industrialisation. Ils présentent de ce fait un intérêt remarquable en matière de faune et de flore. 20% des terrains militaires sont ainsi classés dans le réseau européen de protection de la biodiversité "Natura 2000". 

le projet "LIFE Défense Nature 2000"

Lancé en octobre 2012, ce projet prévoit des opérations de restauration et de conservation d'habitats et d'espèces sensibles au sein de quatre terrains militaires du Sud-Est. Outre le camp des Garrigues, dans le Gard, il concerne le camp de Chambaran (Isère), le Mont-Caume (Var) et la base navale d'Aspretto (Corse-du-Sud).
Un budget d'environ deux millions d'euros, financé pour moitié par l'Union européenne et à hauteur de 40% par le ministère de la Défense, a été alloué pour cette expérience.

Pendant les manoeuvres, la protection de la nature continue

Pour préserver cette biodiversité, le ministère et la Fédération des conservatoires des espaces naturels (CEN) ont signé, dès septembre 2009, une convention de partenariat en présence de la secrétaire d'Etat à l'écologie.
Ce partenariat a pour objet d'assurer la conciliation -dans le cadre de plan de gestion concerté- entre les activités de manœuvres et de tirs et la protection de la faune et de la flore. Ces plans comportent des actions d'expertise, des actions de gestion (débroussaillage, restauration de pelouse sèche, créations d'abris pour lapins...) et de sensibilisation.

Le projet raconté grâce à une BD avec des étudiants de l'école Emile Cohl

Toutes ces actions concertées de préservation de la nature au sein des terrains militaires viennent de faire l'objet d'une bande dessinée intitulée "Mission orchis militaris" (du nom d'une orchidée guerrière !) faite en collaboration avec des étudiants de l'école Emile Cohl, les conservatoires d'espaces naturels concernés et le ministère de la Défense.

La BD de la protection de la nature en zone militaire.



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