Paradoxe en Occitanie : un taux de chômage élevé mais plus d'emplois

Le marché de l'emploi est dynamique est Occitanie mais certains territoires sont en souffrance. / © MaxPPP
Le marché de l'emploi est dynamique est Occitanie mais certains territoires sont en souffrance. / © MaxPPP

L'Insee souligne dans un nouveau rapport le paradoxe occitan. Le taux de chômage reste élevé à Toulouse et dans la région alors que le nombre d'emplois augmente et la productivité est forte. Explications...

Par Christine Ravier

Pour l'Insee qui publie aujourd'hui une étude sur le chômage et ses causes dans les territoires en Occitanie, la région se singularise par la combinaison un rien paradoxale d’un taux de chômage élevé et d’une forte croissance de l’emploi.

L’Occitanie est, après la Corse, la deuxième région la plus dynamique de France métropolitaine entre 2011 et 2016 pour la croissance de l'emploi. Mais ce dynamisme se conjugue avec le deuxième taux de chômage le plus élevé en 2018, après les Hauts-de-France.

Plus de population, plus d'emplois


Dans les zones à forte attractivité comme Toulouse ou Montpellier (4 habitants de la région sur 10), le taux de chômage résulte surtout du dynamisme économique qui attire de nouveaux habitants. L'afflux de population génère des emplois, mais une partie des personnes nouvellement arrivées se retrouve en recherche d’emploi de manière transitoire.

Pour l'Insee, c'est un chômage "frictionnel"... Les nouveaux arrivants en situation de chômage sont souvent mieux positionnés sur le marché du travail que les chômeurs qui résident déjà dans la région. Parmi ces nouveaux arrivants dans la région, 36 % sont diplômés du supérieur en 2014, contre 23 % parmi les chômeurs déjà résidents.

Difficulté d'insertion dans les territoires

Sans surprise, le secteur de Toulouse est le mieux positionné de la région en matière de productivité du travail. La présence d’entreprises à forte productivité favorise la création d’emplois : leur performance économique se diffuse à l’économie locale. Les rémunérations qu’elles versent y sont pour beaucoup.

Le chômage traduit aussi des difficultés d’insertion durable dans l’emploi, en particulier dans les territoires où se concentre la précarité. C'est le cas autour de Montauban. La productivité du travail y est assez faible. Les jeunes de 20-24 ans peu diplômés y sont nombreux.

Les quartiers prioritaires pèsent relativement peu dans la population totale de la zone. Mais ils figurent parmi les plus pauvres et précaires de la région. C’est le cas par exemple du quartier Sarlac à Moissac.
 

Contrats plus ou moins durables


Les difficultés d’insertion tiennent aussi au manque d’emplois durables, la durée moyenne des contrats de travail étant assez faible dans certaines zones, les gens se réinscrivent donc plus souvent à Pôle emploi.

Cette forte récurrence se retrouve dans les zones d’emploi de Foix-Pamiers, Saint-Girons et Castres-Mazamet. Contrairement à la zone de Montauban, la durée moyenne des contrats de travail est élevée dans ces deux derniers territoires où les actifs de plus de 50 ans sont nombreux.
 

Emploi à la baisse en Ariège


Dans la zone de Saint-Gaudens, l’emploi est également en légère baisse et le poids des minima sociaux supérieur à la moyenne. Mais il n’atteint pas les niveaux particulièrement élevés de l'Ariège.

Les marchés locaux du travail sont ainsi caractérisés par une grande diversité. Certaines zones d’emploi comme Rodez en Aveyron ou la Lozère affichent de très faibles taux de chômage, malgré un emploi peu dynamique.
 

Est et nord préservés


La région abrite aussi des zones présentant des taux de chômage modérés : les zones plus à l'est (Tarbes-Lourdes et Auch) et les plus au nord de l’Occitanie (de Cahors à la Lozère en passant par Villefranche-de-Rouergue, Albi et Millau). 

Les migrations résidentielles n’y sont pas aussi élevées que dans le reste de la région, en particulier en Lozère, même si elles restent positives. Dans ces zones, l’évolution de l’emploi est plutôt proche, voire inférieure à la moyenne.
 

L'exception Figeac


En lien avec ce relatif manque de dynamisme, les revenus disponibles sont relativement bas. Cependant, ces zones se caractérisent par de faibles taux de peu diplômés parmi les actifs.

Dans ce groupe, Figeac se démarque par une forte évolution de l’emploi sur la période 2011-2016. La zone est en effet davantage orientée vers l’industrie, en particulier avec des activités dans l’aéronautique.

Son marché du travail échappe au « paradoxe occitan » : il est plus conforme au schéma classique où le dynamisme de l’emploi s’accompagne d’un faible chômage.

 

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