Les pompiers des Pyrénées-Orientales et de Haute-Garonne candidats pour tester les caméras-piétons anti-agression

illustration / © maxppp Bruno Levesque
illustration / © maxppp Bruno Levesque

Le dispositif de caméra-piéton, déjà utilisé en police et en gendarmerie, est l'une des mesures phares d'un plan gouvernemental pour lutter contre les agressions. Testé à Paris et dans le Val d'Oise, il pourrait aussi l'être à Toulouse et Perpignan, les SDIS 31 et 66 se sont portés volontaires.

Par Fabrice Dubault


Un an après le meurtre d'un sapeur-pompier poignardé par un déséquilibré dans le Val-de-Marne, le ministère de l'Intérieur vient de lancer l'expérimentation de caméras-piétons pour les soldats du feu, victimes d'un nombre croissant d'agressions.
 

C'est un dispositif complet qui permet de diminuer et non supprimer les risques auxquels sont confrontés les pompiers", a relevé Christophe Castaner lors d'une visite à la caserne des sapeurs-pompiers de Saint-Denis.


Le plan du gouvernement prévoit ainsi un "renforcement des protocoles opérationnels" avec les forces de l'ordre lors des interventions dans des secteurs sensibles, le dépôt de plainte systématique, avec la possibilité de généraliser le recueil de plainte au sein des casernes, une protection fonctionnelle adaptée...

Les caméras-piétons, accrochées à l'uniforme des pompiers et déclenchées en cas de tensions lors d'une intervention, sont, elles, "un outil de prévention et un outil de fermeté", a fait valoir le locataire de la place Beauvau.
 

La Haute-Garonne et les Pyrénées-Orientales, sites pilotes ?


Les SDIS de Haute-Garonne, de Gironde, de Loire-Atlantique, du Maine-et-Loire, du Morbihan, du Nord, des Pyrénées-Orientales, du Rhône et des Yvelines sont également candidats.
Censées pouvoir "apaiser" des situations de conflit, elles ne font cependant pas encore l'unanimité dans la profession. "C'est un leurre", estime André Goretti, président du FA/SPP-PATS, premier syndicat de pompiers professionnels. Selon lui, l'arrivée de caméras sera "mal comprise lors des interventions en zones sensibles".

SDIS 31
: entre 2017 et 2018, il a recensé une augmentation de 47% du nombre d’agressions, ce qui l’a conduit à se porter volontaire pour l’expérimentation.
En 2018, il y a eu 28 plaintes déposés pour des agressions sur des pompiers de Haute-Garonne, dont 12 agressions physiques et 5 menaces avec armes. Depuis le début 2019, 18 plaintes sont recensées, dont 2 pour agressions physiques et 5 avec armes.
En moyenne, le SDIS 31 réalise plus de 57.000 interventions par an.
 

1.274 agressions en France depuis janvier


Selon les chiffres de la place Beauvau, 1.274 agressions physiques ou verbales ont été répertoriées depuis le début de l'année, soit cinq agressions par jour.
 

Aucune agression de nos sapeurs-pompiers n'est acceptable", a rappelé Christophe Castaner.


Un chiffre à mettre au regard des 10.000 interventions quotidiennes. 2.012 sapeurs-pompiers ont été blessés.
D'après l'Observatoire de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), le taux d'agressions déclarées a augmenté de 213% entre 2008 et 2017.
 

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