Des anti-nucléaires ont adressé à plusieurs préfectures du Sud-Est, notamment celle de Nîmes, des courriers accompagnés de boulons, menaçant de déboulonner des pylônes supportant des lignes à très haute tension, un avertissement pris au sérieux par RTE.
Des courriers similaires ont été adressés à des médias, notamment France Bleu, Midi Libre et le Dauphiné Libéré.
Les préfectures des Bouches-du-Rhône, du Vaucluse, du Gard et de la Drôme ont été destinataires de la missive, reçue mardi, jour anniversaire du bombardement atomique de la ville japonaise d'Hiroshima en 1945, ont-elles précisé à francetvinfo.fr.
"Une enquête est en cours", confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) de Marseille par le parquet, a-t-on appris auprès de la préfecture des Bouches-du-Rhône.
"Hier (mardi, ndlr) dans la journée, un agent de la sous-préfecture de Nyons (Drôme) a trouvé le colis avec une lettre et un gros boulon,", a précisé pour sa part la préfecture de la Drôme.
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Alice Coste - secrétaire générale de la préfecture de la Drôme.
Interrogée par france info, Catherine Greiveldinger, directrice régionale Sud-Est de RTE (Réseau de transport d'électricité), a affirmé que les boulons reçus par les préfectures ressemblaient "à ceux que l'on utilise, sachant qu'un pylône en comporte entre 650 et 900".
"On a fait un contrôle visuel de nos lignes sur les points stratégiques entre hier (mardi, ndlr) et aujourd'hui (mercredi, ndlr), et nous n'avons pas pour l'instant trouvé de boulon manquant", a-t-elle ajouté.
Mais, étant donné les "risques de chute" et l'illégalité de tels actes, RTE va probablement porter plainte, a précisé Mme Greiveldinger.
Les auteurs anonyme de la lettre affirment que "parce que leur nucléaire n'est pas plus sûr qu'il n'est transparent, nous déboulonnons et nous déboulonnerons les pylônes THT".
Le courrier ajoute que cette action est menée "par solidarité avec les victimes civiles et militaires de la dictature nucléaire". Selon eux, un "rapport des renseignements généraux adressé à EDF en 1983" stipule que "+La situation risque d'être grave, car si l'on peut protéger les centrales nucléaires par des barbelés et des pelotons de CRS, ce n'est pas le cas des pylônes+".
Pour Guillaume Vermorel, ingénieur et porte-parole d'Europe Écologie-Les Verts (EELV) en Ardèche, "EDF n'a jamais évalué les risques liés au terrorisme ou au vandalisme même dernièrement, après que 29 militants pacifistes de Greenpeace se sont introduits sur les bâtiments des réacteurs 1 et 3 (de la centrale du Tricastin, ndlr) en moins de 25 minutes".
"Si un pylône s'effondre, il faut arrêter en urgence le réacteur nucléaire car la ligne THT - 225 000 Volts - ne peut plus évacuer le courant électrique", a-t-il précisé, ajoutant que ce type d'arrêt d'urgence était déjà survenu en mars 2013 à la suite d'un défaut d'isolement au Tricastin.