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Procès de l'ancien directeur de la Poste en fuite : la défense plaide un “aveu de terreur”

Maîtres Edouard Martial et Alexandre Martin, avocats de Redouane Ikil, l'ancien directeur de la Poste de Bellefontaine à Toulouse. / © France 3 Occitanie
Maîtres Edouard Martial et Alexandre Martin, avocats de Redouane Ikil, l'ancien directeur de la Poste de Bellefontaine à Toulouse. / © France 3 Occitanie

Vendredi 5 juillet 2019, dernier jour du procès en appel de Redouane Ikil et Fabien Djetcha pour séquestration et extorsion de fonds en bande organisée avec armes, les avocats de Redouane Ikil ont eu la délicate tâche de plaider sans leur client, en fuite depuis ce matin.

Par Marie Martin

Il ne leur a pas facilité la tâche, Redouane Ikil. En choisissant de ne pas se présenter au palais de justice d'Albi, ce vendredi 5 juillet 2019, l'ancien directeur de la Poste poursuivi pour sa participation présumée à deux braquages d'agences postales en 2012 et 2013, a donc laissé ses conseils plaider sans lui. 

Et les trois avocats [maîtres Pierre Dunac, Alexandre Martin et Edouard Martial] ne se sont évidemment pas dérobés, même si le contexte s'en est trouvé changé.
Ils ont tous trois longuement plaidé. Reprenant point par point les éléments du dossier, épluchant chaque pièce, revenant sur tous les témoignages importants. Contredisant à la lettre tous les arguments des parties civiles.

L'absence de leur client, ils ne l'éludent pas. Au contraire, ils l'expliquent. "Cet homme a fini par fuir", plaide maître Pierre Dunac. "C'est un aveu non pas de culpabilité mais un aveu de terreur. La terreur de retrouver une vie en cage".

"J'ai détesté ce procès", dit-il encore. Et d'évoquer les pressions, les railleries, la parole régulièrement coupée aux accusés et à la défense. 

Maître Alexandre Martin tente de démonter un postulat de départ dans l'enquête : les informations venaient de l'intérieur. Seul un salarié de la Poste pouvait savoir quelle caissière travaillait ce jour-là, où elle habitait, quel jour les liquidités étaient importantes.

Pour lui, nul besoin de faire partie de la maison pour avoir accès à ces informations. N'importe qui aurait pu suivre les agents après le travail. D'ailleurs, deux d'entre elles ont déclaré avoir été suivies, avant le braquage de l'agence de Bellefontaine, dont Redouane Ikil avait été le directeur. "Il n'y a pas eu de fuite, ni humainement, ni informatiquement". 

"Si vous prononcez une peine de trente ans, cet homme est mort socialement. Vous avez une lourde responsabilité", indique maître Martin aux jurés. "Vous la porterez avec votre conscience".

La cour s'est retirée à 23 heures pour délibérer.
 

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