Procès des braqueurs présumés des agences postales de Toulouse : la place des victimes collatérales

Dans un procès comme celui des deux braquages d'agences postales de Toulouse en 2012 et 2013 qui se déroule à Albi jusqu'au 5 juillet 2019, il y a les victimes incontestées, parties civiles. Et les victimes collatérales. Dont la parole est importante.

Les dossiers de l'affaire Djetcha/Ikil.
Les dossiers de l'affaire Djetcha/Ikil. © Frédéric Desse/France 3 Occitanie
Ce sont souvent des proches, des amis, des conjoints, des voisins, des collègues des victimes... Ils sont mêlés de près ou de loin au délit ou au crime commis et en restent souvent meurtris.

Dans cette affaire des deux braquages des agences postales de Bellefontaine et Saint-Cyprien à Toulouse, en 2012 et 2013, il y a plusieurs sortes de victimes. La Poste, victime financière. Les deux salariées de la Poste, victimes physiques et morales des faits de séquestration et extorsion de fonds en bande organisée avec armes. La famille de l'une de ces deux agents, elle aussi séquestrée et menacée. 
Et enfin, tous les autres. Parmi eux, les salariés de la Poste, collègues des victimes. 

Ils sont nombreux à témoigner à la barre, devant la cour d'assises du Tarn qui juge - en appel - Redouane Ikil et Fabien Djetcha pour les faits mentionnés plus haut.

Officiellement, ils sont là pour dire qui était Redouane Ikil. Ou s'il lui était possible de connaître à l'avance les plannings des agences braquées, grâce à sa fonction. 

Mais on sent, dans cette salle d'audience du palais de justice d'Albi, que cette affaire a bouleversé leur vie. Car elle révèle les petits riens du quotidien professionnel : les habitudes, les inimitiés, les difficultés. Comme n'importe où ailleurs.
Il y a surtout l'impact d'un événement violent comme l'est un braquage avec séquestration.

Cette responsable d'une des deux agences braquées est on ne peut plus claire : "Cette affaire m'a pourri la vie. Je ne m'en suis jamais remise. Quand on n'a rien fait, c'est terrible", explique-t-elle.

Placée quelques heures en garde à vue, elle en retient une impression d'humiliation, même si, dit-elle, les policiers ont fait leur travail très correctement.
Elle est venue témoigner à la barre, mardi 2 juillet 2019, 3ème jour du procès de Redouane Ikil et Fabien Djetcha, alors même qu'un certificat médical l'en dispensait. "Mon devoir de citoyenne", dit celle qui s'est promis de ne pas pleurer. Sans y arriver totalement.

D'autres, après elle, disent leur fragilité après les faits. La peur d'aller travailler, le malaise d'avoir dû parler devant la police, puis devant la cour en première instance et encore aujourd'hui. Cela pourrait se faire en toute sérénité. Ce n'est pas le cas.

Mardi 2 juillet, ces témoins ont assisté à des joutes verbales exacerbées entre les différentes parties, allant jusqu'à des cris. "On n'est plus en 3ème, confrère, on n'est pas dans une discothèque de M. Ikil !", finit par jeter un avocat de partie civile.

Pour ces témoins-là, c'est un moment fort de leur existence. Mais ce qui se joue les dépasse de beaucoup...
 
 
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