Procès des braqueurs présumés de la Poste à Toulouse : les “incohérences” de Fabien Djetcha

Le palais de justice d'Albi où se tient le procès d'Elisa Delga et Mickaël Taboulot, du 12 au 15 novembre 2019. / © France 3 Occitanie
Le palais de justice d'Albi où se tient le procès d'Elisa Delga et Mickaël Taboulot, du 12 au 15 novembre 2019. / © France 3 Occitanie

Mercredi 3 juillet 2019, 4ème jour du procès en appel de Redouane Ikil et Fabien Djetcha pour braquages et extorsions de fonds en bande organisée avec armes, la cour d'assises du Tarn a entendu Fabien Djetcha, l'accusé qui reconnaît partiellement sa participation à un braquage.

Par Marie Martin

On n'a pas beaucoup entendu Fabien Djetcha depuis le début de ce procès, tant les débats se sont concentrés sur son co-accusé, l'ancien directeur d'agence postale, Redouane Ikil.
 

Fabien Djetcha, lui, est le seul des deux hommes à reconnaître sa participation aux faits. Mais ce sont des aveux partiels. 

Bien que son ADN ait été retrouvé sur des effets de la caissière victime du premier braquage (agence de Bellefontaine, le 6 mars 2012), Fabien Djetcha nie depuis le début y avoir participé. 
Ce qu'il reconnaît, c'est son rôle de "guetteur" dans le second braquage, celui de la Poste de Saint-Cyprien le 2 mai 2013. Et pour cause : il a été interpellé en flagrant délit ce matin-là.

C'est d'ailleurs ce que lui reproche le président de la cour d'assises du Tarn. "Vous assumez ce que vous ne pouvez pas nier", dit-il à l'accusé.

Car Fabien Djetcha n'en démord pas : le premier braquage, il n'y est pas. Le second, il fait le guet pour ses deux complices mais lui ne s'est pas rendu au domicile de  la caissière séquestrée. Redouane Ikil, il ne le connaît pas.

Ses deux acolytes se sont enfuis à l'arrivée de la police et Fabien Djetcha ne les a jamais dénoncés.Il a déjà expliqué ici qu'il en avait peur, qu'il avait été menacé de mort en prison en cas de dénonciation. 

Le président fait la moue. Fabien Djetcha se défend : "Cela fait 74 mois que je suis en détention. J'ai dit à ma famille de ne pas venir me voir en prison parce que j'ai peur. Ma fille, je ne l'ai pas revue depuis près de sept ans. La seule façon qu'elle a de me voir, c'est de venir au procès". Il éclate en sanglots. 

Mais le président ne comprend pas. Pas plus qu'il ne comprend ce qui a motivé Fabien Djetcha à faire ce braquage. "Ce n'est pas pour la rémunération", explique l'accusé. Il devait toucher 1 500 euros. "C'était pour leur donner un coup de main car ils m'avaient aidé financièrement auparavant". 

Aujourd'hui, Fabien Djetcha se dit entièrement tourné vers sa future réinsertion. "J'en ai fini avec ces gens-là. J'assume mes responsabilités, d'ailleurs, je n'ai pas fait appel". 
En 2017, Fabien Djetcha a été condamné à 15 ans de prison. 

Le président lui demande, ce mercredi 3 juillet 2019 : "Vous n'êtes quand même pas un novice, M. Djetcha. 15 ans de prison pour un petit "chouf" [guet, NDLR] à 1 500 euros, ça vous semble le tarif ? Vous êtes ignorant à ce point des peines infligées par les tribunaux ?"

Et l'avocat général de conclure : "En première instance, on ne vous a pas cru, monsieur Djetcha"...
 

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