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Le procureur réclame un mois de suspension de permis pour le groupe aveyronnais Facebook antiradars

les avocats du groupe facebook Antiradars / © MaxPPP
les avocats du groupe facebook Antiradars / © MaxPPP

A Montpellier, lors de l'audience en appel du groupe Facebook antiradars, le procureur a demandé la confirmation du jugement en première instance, soit la suspension du permis de conduire pour une durée d'un mois. Mise en délibéré, la décision sera rendue le 21 septembre.

Par Michel Pech

"Les terroristes du net"
Quinze prévenus d'une communauté Facebook localisant des radars en Aveyron ont comparu, ce lundi, en appel devant le tribunal de Montpellier," les terroristes du Net", comme les a qualifié leur avocat Rémy Josseaume, expert en droit automobile. "C'est une hypocrisie qui consiste à poursuivre ces gens-là alors que de nombreux produits d'aide à la conduite qui donnent également la position des radars sont, eux, légaux", a clamé l'avocat..

Ces quinze prévenus répondaient devant le tribunal de "soustraction à la constatation des infractions routières". Huit d'entre eux sont également poursuivis pour "outrages" après avoir qualifié les gendarmes sur la page Facebook de noms d'oiseaux peu amènes.

Entre 600.000 et 800.000 membres en France
Créée en 2012, la page Facebook incriminée réunissait des messages sur des "poulets au rond-point...", des "attention test alcoolémie" mais aussi des avertissements sur des bouchons ou des accidents. Le groupe "qui te dit où est la police en Aveyron", comme il se fait appeler, compte plus de 10.000 membres. "Tu vois une camionnette bleue, un radar, des motards... viens le signaler", écrivait à l'attention des internautes. Ce type de pages réunissait "entre 600.000 et 800.000 membres sur Facebook", assure Me Josseaume.

Aucune loi violée ?
Pour Me Josseaume cependant, aucune loi n'est violée. L'article R 413-15 interdit les "détecteurs de radars" et prévoit une amende de 1.500 euros et un retrait de six points sur le permis. Mais, selon l'avocat, le groupe sur Facebook ne peut pas être assimilé à un "détecteur de radars".
L'avocat rappelle que le Conseil d'Etat avait autorisé en 2013 les "solutions d'aide à la conduite" qui reposent sur une communauté de membres pour signaler la présence de "zones de danger", un euphémisme synonyme de la possible présence d'un radar. La société française Coyote, qui produit des boîtiers GPS, avoue elle-même sur son site qu'une zone de danger signale "une "zone d'accident connue comprenant ou non un radar fixe".


Les associations pour la sécurité routière
Les associations pour la sécurité routière voient, elles, un dangereux instrument dans le groupe Facebook. "La vitesse tue et le fait qu'on essaie de déjouer les systèmes de contrôle, c'est se mettre en danger et mettre en danger la vie d'autrui", a estimé Bernard Stasiowski, directeur de l'Association prévention routière dans l'Aveyron. "Il faut arrêter ces réseaux sociaux et que tout le monde respecte la vitesse", ajoute-t-il, soulignant le formidable bond du nombre de tués qu'à connu le département en 2013: +126% (34 contre 15 en 2012), alors que l'ensemble de la France avait connu à la même époque une baisse de plus de 10%.

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