Banyuls-sur-Mer : les coraux des profondeurs menacés par la pollution aux micro-plastiques

Au large de Banyuls-sur-Mer, dans les Pyrénées-Orientales, vivent de fascinants coraux blancs à plus de 500 m de profondeur. Selon les scientifiques de la mission Plas-Score, qui mesurent l’impact de l’activité humaine sur ces réservoirs de biodiversité, ils sont sérieusement touchés par la pollution plastique et le réchauffement des eaux.

Des récifs exceptionnels détectés jusqu’à 2000 mètres de profondeur et qui s'étendent sur des centaines de kilomètres au large de Banyuls-sur-Mer et de Cerbère : ils constituent l'un des trésors naturels de la côte rocheuse. Ces canyons sous-marins abritent de nombreuses espèces, dont d'étranges coraux tout blancs :

"Ils sont particuliers parce qu’ils vivent dans les eaux froides à moins de 14°, en opposition avec ceux qu’on va trouver sous les tropiques, dans les mers chaudes et peu profondes. Ils sont acclimatés aux eaux profondes, vivent dans le noir et déploient leurs tentacules pour capturer un maximum du zooplancton, ces micros crustacés qui sont à la base de leur alimentation" explique Franck Lartaud, écologiste marin et chef de la mission Plas-Score.

Cernés par le plastique

Mais ces coraux, même à grande profondeur, sont déjà menacés par l’activité humaine : au cours de leurs travaux, les chercheurs ont retrouvé des coraux prisonniers de restes de filets de pêche, beaucoup d’impact de palangre mais aussiet surtout des traces de pollution plastique, comme des restes de vieux sacs issus de sociétés de supermarchés aujourd'hui disparues.

Lors de leur dégradation, ces sacs forment des micros plastiques, de tout petits fragments que les coraux blancs confondent avec de la nourriture. Comme ils ne parviennent pas à les ingérer, ils vont les recracher sans arrêt et cela les épuise.

 Franck Lartaud, écologiste marin au laboratoire Arago

Le monde fragile et méconnu des canyons

Considérés comme espèces marines vulnérables et d'intérêt écologique, ces coraux stockent du CO2 de façon pérenne dans leur squelette.

Étudiés depuis une quinzaine d'années lors d'expéditions destinées à comprendre leur fonctionnement, ils jouent un rôle clé, tant pour les espèces profondes que côtières.

Si le canyon Lacaze-Duthiers - du nom du fondateur du laboratoire Arago - est encore riche en biodiversité et bien protégé, d'autres facteurs inquiètent les scientifiques : en particulier le réchauffement de la température de l'eau, même en profondeur.

Un stress supplémentaire pour tout cet écosystème, qui contient de nombreuses espèces encore inconnues.

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