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Christian Bourquin : un lutteur

"Que l’on ait aimé ou pas Christian Bourquin, l’image du lutteur s’impose". Stéphane Ratinaud, journaliste politique de la rédaction de  France 3 Languedoc-Roussillon, dresse le portrait de Christian Bourquin. Billet en forme d'hommage.

Christian Bourquin était un marcheur, un inlassable marcheur dont les pentes du Canigou étaient le refuge. Une dimension contemplative dont on ne peut dire qu’elles confinaient à des rêveries de marcheur solitaire dans la pratique politique.
Cet enfant du Roussillon était un batailleur, un lutteur ; un animal politique qui aimait « la Castagne ». A droite, à gauche…qu’importe ! La politique est un combat mené par un chef…

Il y avait sans aucun doute un côté Sartrien chez Christian Bourquin, une existence vouée à la politique, parfois jusqu’à l’excès, peut-être, disaient ses opposants. Souvent, on osait la comparaison avec Georges Frêche pour la méthode ; la magie du verbe frêchien en moins. Mais, la force mentale était là ; toujours, sans ciller !  Sans jamais trembler pour écarter un opposant interne, pour monter au front face à des opposants.

Dans une terre de mission pour les socialistes, Christian Bourquin avait réalisé le prodige d’arracher le Conseil général des P.O. en 1998 ; la division des familles de droite l’avait sans nul doute aidé à cette tâche. Mais, très rapidement, le style Bourquin, omniprésence sur le terrain, s’imposa. Un fief départemental était né !  Les Pyrénées Orientales étaient devenus son territoire. Partout des alliés, parfois (souvent) des obligés et aussi des adversaires. En nombre également…Les combats avec François Calvet, le maire du Soler, restent épiques dans la mémoire des campagnes électorales. Pas de concession !

Face à la maladie, ce fut la même chose. A la regarder en face sans baisser le regard, à assumer ses responsabilités malgré ce combat de l’intime. A être dans la vie, le mouvement…toujours ! Jusqu’au dernier moment.

Que l’on ait aimé ou pas Christian Bourquin, l’image du lutteur s’impose. Celle d’un marcheur qui épousa les chemins, parfois tourmentés, de la politique régionale.
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