Coronavirus : dans les Pyrénées-Orientales, la réserve naturelle marine de Banyuls bénéficie du confinement

Thons, dauphins, rorquals, depuis un mois, les observations de poissons se multiplient sur la Côte Vermeille, entre Banyuls et Cerbère. Un phénomène lié à l'absence d'activité humaine, selon les agents de la réserve naturelle marine qui veillent toujours au grain.
 

Des dauphins dans la réserve marine de Cerbère-Banyuls (sept-2019).
Des dauphins dans la réserve marine de Cerbère-Banyuls (sept-2019). © Réserve naturelle marine -D.Fioramonti
Confinement oblige, la moitié des agents de la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls ne va plus patrouiller en mer, sauf lors d'opérations spéciales menées conjointement avec la police municipale.

Cela est déjà arrivé par trois fois depuis que la préfecture des Pyrénées-Orientales a interdit par arrêté toute activité nautique.  
 

Nous maintenons en revanche les patrouilles sur le terrain, sur les sentiers du littoral. Et, on y croise très rarement des gens, le confinement semble bien respecté

affirme le conservateur en chef de la réserve naturelle marine de Cerbère-Banyuls.

 

Une faune marine plus tranquille 


Idem sur l'eau où Frédéric Cadène, le patron de la première réserve marine de France, n'a croisé aucun bateau lors des rares sorties qu'il a pu effectuer en mer.

En revanche en l'absence de perturbations humaines, la faune marine, elle, tend à se rapprocher des côtes :


On voit très régulièrement des chasses de thons à la surface de l'eau (banc de thons en train de chasser des petits poissons), des dauphins qui croisent plus près du rivage que d'habitude et même des rorquals communs : deux d'entre eux ont été aperçus par un riverain près de la balise de la réserve intégrale !


 

Un rorqual commun en Méditerranée. Photo d'illustration
Un rorqual commun en Méditerranée. Photo d'illustration © PHOTOPQR/NICE MATIN

Première réserve marine de France


Créée en 1974, la réserve marine de Banyus fut la première du genre en  France. Gérée par le département des Pyrénées-Orientales, elle fait partie du parc marin du Golfe du Lion.

C'est la municipalité de Cerbère qui, dès le milieu des années 60, avait tiré la sonnette d'alarme sur les dégâts causés par la pollution et le tourisme de masse.

A cette époque, les élus avaient commencé à instaurer des mesures de protection de l’environnement marin le long du littoral.
 
Mérou et saupes dans la réserve naturelle marine de Banyuls-sept 2019
Mérou et saupes dans la réserve naturelle marine de Banyuls-sept 2019 © Réserve marine, Didier Fioramonti


46 ans plus tard, la patience et le travail ont payé : la réserve catalane, qui abrite de plus en plus d'espèces sous-marines, est devenue une zone reconnue dans le monde entier où la vie sous-marine foisonne. 
 

30 000 plongeurs par an


Cette diversité attire nombre d'amateurs de plongée sous-marine : ils sont près de 30 000 à s'y rendre chaque année.
 
Les clubs de plongée et autres associations subaquatiques auraient déjà dû revenir sur le site depuis le 1er avril, date à laquelle quelques 25 bouées en surface sont habituellement mises en place pour permettre aux bateaux de s'amarrer sans abîmer les fonds avec leurs ancres.

Mais le dispositif d’amarrage n'a pas été installé à cause de l'arrêté préfectoral qui interdit toute activité nautique,
 

précise Frédéric Cadène. Le conservateur de la réserve n'a pas eu non plus d'acte de braconnage à déplorer depuis l'instauration du confinement.

Il attend néamoins avec impatience de pouvoir tirer un premier bilan de cette situation hors normes pour évaluer son impact sur la reproduction de la faune.

Les 4 agents permanents, qui sont des gardes techniciens employés par le département des PO, sont très attentifs à l'évolution de la population des Mérous, espèce symbolique de la réserve, comme en atteste ce reportage tourné en juin dernier:  

 

30 kilos de poissons braconnés dans l'Hérault

S'il n'y a pas eu de braconnier interpellé dans les Pyrénées-Orientales pour le moment, en revanche un homme d'une quarantaine d'années, qui sévissait dans l'Hérault, s'est fait prendre en flagrant délit début avril alors qu'il utilisait un scooter sous-marin pour se déplacer dans l'eau.

Ce quadragénaire a été pris la main dans le sac par la brigade nautique de Marseillan, lors d’un service nocturne à l’étang de Thau, dans la nuit du 3 au 4 avril.

Son matériel de pêche et son butin ont été saisis : 58 daurades pesant environ 30 kilos au total, plus 6 mulets.
L'homme sera présenté au tribunal le 17 juin prochain.

 

 
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