"J'espère voir les rues remplies de jeunes venus du monde entier", comment un ancien hôpital militaire va se transformer en campus sportif

C'est un vieux serpent de mer qui dure depuis 30 ans. La transformation de l'hôpital militaire d'Amelie-les-bains a été finalement acté. Il deviendra un pôle d'excellence sportive dédié aux métiers du sport. La mairie, propriétaire des lieux, se félicite d'avoir trouvé un investisseur.

10.000 m² de bâtis

Il s’agit d’un ensemble bâti et non bâti de six hectares, composé de trois bâtiments disposés en « U » entourant un ancien jardin d’agrément et entouré d’un vaste parc boisé. Cet hôpital thermal militaire avait une capacité hospitalière de 320 lits et le complexe thermal ne comptait pas moins de trois piscines, neuf salles de douches, neuf baignoires et quatre salles de humages et soins divers.

Le tout était visiblement inspiré de l’architecture des thermes romains. La première pierre de l'hôpital militaire d'Amélie-les-Bains fut posée le 3 octobre 1847 et l’hôpital fut ouvert en 1855. Un hôpital qui n'est aujourd'hui plus que l'ombre de lui-même. 

À l’abandon depuis 30 ans, l'ancien hôpital militaire était devenu le terrain de jeu des graffeurs du coin. Un ensemble de bâtisses très endommagées. Il est le théâtre de projets avortés depuis son acquisition par la mairie en 1993.

Mais depuis peu, sa transformation en campus universitaire dédié au sport a été décidée. Une fierté pour l’actuelle municipalité. 

C'est un serpent de mer. Voilà trente ans que ce projet est en souffrance, trente ans que l'armée a vendu l'hôpital militaire avec toutes les activités que ça supposait pour la commune. Donc, évidemment, j'ai eu à cœur de multiplier les tours de table pour pouvoir arriver à ce projet structurant et pas uniquement pour la commune d'Amélie mais pour toute la vallée. 

Marie Costa, Mairesse d'Amélie-les-Bains

Tempérance, qui est un groupe financier spécialisé dans la restauration de bâtiments anciens, est investisseur dans ce projet et actuel propriétaire des lieux. Un groupe qui n'en est pas à sa première réhabilitation de patrimoine ancien et qui a pour responsabilité de respecter l'architecture et les matériaux utilisés à l'époque, avec un accompagnement de l'architecte des Bâtiments de France. 

Un campus universitaire dédié au sport

Dans ces bâtiments, des formations privées seront bientôt dispensées à l'attention de jeunes sportifs de haut niveau, venus des quatre coins du globe. Trois axes sportifs : le basket, le football et le rugby. La création de ce pôle sportif d'excellence aura pour vocation, non seulement de prodiguer des entraînements pour des joueurs de haut niveau mais aussi de donner une alternative à leur carrière avec tout ce qui peut être connexe au sport.

Ainsi, les 278 étudiants qui intégreront le campus d'Amélie pourront suivre des cours de journalisme sportif mais aussi de langues, de préparateur sportif ou encore de marketing entre autres. 

J'espère voir les rues d'Amélie remplies de jeunes venus du monde entier. Il y a aussi de l'handisport qui est prévu, donc c'est un projet complet. Je crois vraiment que c'est un projet important pour nos vallées, ça va changer la physionomie de la ville.

Marie Costa, Mairesse d'Amélie-les-Bains

Coup de jeune en Vallespir

Un programme global qui prend soin d'impliquer tous les stades et tous les acteurs économiques du secteur et qui s'annonce comme générateur d'emploi dans le bassin mais aussi générateur d'un changement générationnel "dont la vallée a éperdument besoin"

Ce projet va confirmer qu'Amélie est désirable, que c'est une ville qui a le vent en poupe, que cette vallée qui est déjà tournée vers les sports de pleine nature essaie de se reconvertir dans des activités plus intergénérationnelles et qu'elle a raison. Ce territoire a un potentiel énorme qui n'a pas encore été exploité. 

Marie Costa, Mairesse d'Amélie-les-Bains

Très attendu pour insuffler un vent de jeunesse dans la commune, le projet pharaonique de transformation de l'ancien hôpital militaire devrait démarrer courant 2024 et pour une durée de trois ans.

À la clé 65 emplois directs et bien d'autres par ricochet. Le coût de l'investissement est à la hauteur des ambitions du futur pôle sportif : 44 millions d'euros, entièrement à la charge de la société héraultaise Tempérence. 

Ecrit avec Joan Lopez.