La droite des Pyrénées-Orientales tente de faire croire qu'Alain Ferrand, mis en examen, n'était pas son candidat

Jean Sol, chef de file de la droite aux prochaines élections départementales dans les Pyrénées-Orientales a annoncé les candidats avec lesquelles il allait faire campagne. Exercice délicat au lendemain de la mise en examen d'un candidat plus que potentiel, Alain Ferrand, le maire de Barcarès.

Quelle stratégie pour le partie de droite après la mise en examen du maire du Barcarès ?
Quelle stratégie pour le partie de droite après la mise en examen du maire du Barcarès ? © SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP

La mise en examen du maire du Barcarès, Alain Ferrand pour extorsion en bande organisée, collusion et destruction de preuves tombe au mauvais moment. Car d'ici quelques jours se tiennent les prochaines élections départementales. Alain Ferrand, maire du Barcarès et 1er vice-président de la communauté urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole (PMM), devait se présenter dans le canton La Côte Salanquaise pour cette prochaine échéance électorale, prévue le 20 et 27 juin 2021.

Un candidat "potentiel" qui figure déjà sur les listes de la préfecture

Au lendemain de cette mise en examen, Jean Sol patron de la droite départementale avait la lourde mission d'annoncer le nom de tout les binômes, homme-femme qui seraient candidats sur la liste "Plus forts ensemble" (ça ne s'invente pas) ! En tout 17 cantons.

Jean Sol savait qu'il était attendu au tournant avec la candidature d'Alain Ferrand sur le 4éme canton, où le maire du Barcarès était associé à Nathalie Denis. Pour faire diversion ou pour noyer le poisson, le sénateur indique d'emblée que LR ne soutiendrait que 13 binômes annonçant "ne pas vouloir faire de la politique d'Antan".  Sur le cas Ferrand il est droit dans ses bottes.

Il (Alain Ferrand) faisait partie des candidats potentiels. J'ai rappelé qu'il ne faisait pas partie des Républicains depuis quelques années et pour moi il n'y a pas de débat.

Jean Sol Sénateur Les Républicains Tête de liste "Plus fort Ensemble" Pyrénées-Orientales

Une décision qui "chemine depuis un petit moment" à en croire le sénateur, laissant entendre qu'elle avait été décidée bien avant la mise en examen du maire de Barcarès.  

Mais en nous penchant d'un peu plus près sur les listes publiées en préfecture le 5 mai 2021, c'est à dire il y a 48 heures à peine, on s'aperçoit que le binôme Ferrand/ Denis a bien été enregistré sur le canton de La Côte Salanquaise.

Comme le démontre cette capture d'écran, le nom du maire du Barcarès apparaît en bonne place, en 4eme page de ce document officiel, avec comme c'est de rigueur, le numéro de panneau attribué pour l'affichage. 

Le nom d'Alain Ferrand est clairement inscrit comme candidat sur le canton de la Côte Salanquaise avec à ses côtés Nathalie Denis.
Le nom d'Alain Ferrand est clairement inscrit comme candidat sur le canton de la Côte Salanquaise avec à ses côtés Nathalie Denis. © Capture d'écran - FTV

Il s'agit de l'arrêté préfectoral qui arrête la liste des binômes de candidats et de leurs remplaçants pour le premier tour de scrutin aux élections départementales des 20 et 27 juin 202. Le document de la préfecture des Pyrénées-Orientales est sur ce sujet on ne peut plus clair. Alain Ferrand n'a beau ne plus être encarté à LR, il est le candidat Divers Droite soutenu par la liste "Plus fort ensemble".

Arrêté préfectoral des Pyrénées-Orientales by France 3 Tarn on Scribd

L'encombrant maire du Barcarès

Aux Républicains dont l'élu était proche, on tente de minimiser également cette affaire pour le moins gênante. En effet, Alain Ferrand, ne serait plus adhérent du parti LR depuis au moins cinq ans. Hier soir, le comité départemental s'est réuni et a validé les 13 binômes de la liste conduite par le sénateur Jean Sol, "Plus fort ensemble". Pas de commentaire au siège du parti où l'on dit vouloir respecter la présomption d'innocence du mis en cause.

C'est toujous regrettable. Ça jette l'opprobre sur tous les engagés en politique.

Christine Gavalda-Moulenat Présidente de la fédération LR 66

Officiellement, si l'on en croit le sénateur Jean Sol, Les Républicains n’auraient plus aucun candidat sur le canton de La Côte Salanquaise qui regroupe les communes du Barcarès, mais également Saint-Laurent-de-la-Salanque (le puissant chef-lieu avec environ 11 000 habitants), Claira, Pia, Saint-Hippolyte et Torreilles.

À la métropole où le maire du Barcarès était un élu puissant puisqu'en charge de l'office de tourisme et de l'Agence du développement Economique, son absence risque fort de ne pas passer inaperçue et pourrait bien compliquer la tâche du président LR de la collectivité Robert Vila. 

On prend acte, pour l'instant. Pour la gestion de développement économique on verra ça mardi. Quant à l'office de tourisme, la directrice a tous les pouvoirs pour poursuivre. Après il appartiendra à Alain Ferrand de se positionner, de prendre ses responsabilités, de se mettre en retrait le temps de l'enquête

Robert Vila président de la communauté Urbaine Perpignan-Méditerranée Métropole

Robert Vila a assuré qu'il entrerait en contact avec Alain Ferrand la semaine prochaine. Ce dernier toujours présumé innocent, a interdiction de se rendre au Barcarès et dans les Pyrénées-Orientales pendant tout le temps de l'enquête. L'affaire Ferrand n'a pas fini de faire des vagues en Roussillon.

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